Extension de la PMA : la députée Agnès Thill exclue de LaREM pour ses propos "pernicieux"

Politique
LESBOPHOBIE - La commission des conflits de La République en Marche (LaREM) annonce ce mercredi avoir exclu la députée Agnès Thill pour ses "propos polémiques" et "pernicieux" à propos de l'ouverture de la PMA à toutes les femmes.

Après un premier avertissement, c’est la porte. La commission des conflits de La République en marche (LaREM) a prononcé ce mercredi 26 juin dans un communiqué l’exclusion de la députée Agnès Thill. Entendue au siège du parti de la majorité la veille, on lui reproche d’avoir "tenu des propos polémiques" à propos de la PMA, mais aussi la "fréquence" et le "caractère pernicieux" de ces derniers. Selon la commission des conflits, ils "nourrissent une agressivité qui porte atteinte à la sérénité du débat". 

Il faut dire que depuis plusieurs mois, les tweets et autres sorties médiatiques de cette ancienne directrice d’école n’ont eu cesse de faire réagir. En février dernier, elle avait d'ailleurs déjà reçu une "mise en garde" de la part LaREM et avait alors promis de "faire attention à [ses] propos". Mais depuis, rien n'a changé. La "Marcheuse" a estimé que l’égalité entre les couples hétérosexuels et homosexuels était impossible car "pour avoir égalité il faut que les deux membres du signe égal soient en tous points identiques". Elle a aussi suscité la polémique en déclarant qu’un "puissant lobby LGBT" sévissait à l’assemblée nationale, où que les femmes qui demandaient l'accès à la PMA étaient des "droguées". 


Des déclarations en rupture totale avec le projet de loi du gouvernement, qui sera débattu "dès septembre" et avec la promesse de campagne d'Emmanuel Macron d'étendre l'accès à la procréation médicalement assistée "pour les femmes seules et les couples de femmes".

Il n'y a rien dans ce dossier qui justifie mon exclusionAgnès Thill, au micro de LCI

Des controverses à répétition qui ont maintes fois provoqué une levée de boucliers des associations, mais aussi d’internautes ou d’élus de son propre camp. 109 militants LaREM dont seize parlementaires ont donc appelé à l’exclusion d'Agnès Thill dans une tribune au titre sans appel : "Sachez exclure". Certaines associations avaient quant à elle publié une lettre ouverte pour demander le renvoi de la députée qui se faisait selon elles remarquer davantage pour ses "sorties homophobes et lesbophobes sur les réseaux sociaux que par son action parlementaire".  

C’est donc désormais chose faite. Mais l'élue de 55 ans n'a pas dit son dernier mot. Réagissant au micro de LCI, Agnès Thill a dénoncé l'attitude de son parti, qu'elle qualifié de "sectaire". "Il n'y a rien dans ce dossier qui justifie mon exclusion", a-t-elle souligné. "Je vis depuis un an un harcèlement d'une violence inouïe de la part des miens, de ceux de la République en marche."


Son avocat, Me Richard Sebban, avait d'ores et déjà fait savoir auprès de l’AFP qu'il comptait engager "une saisine du tribunal de grande instance pour demander sa réintégration" en cas d'exclusion. Une exclusion qu'Agnès Thill a elle aussi dit vouloir contester, "évidemment". 

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