Extension du congé parental après la mort d'un enfant : Pénicaud reprend finalement la proposition qu'elle avait rejetée

Extension du congé parental après la mort d'un enfant : Pénicaud reprend finalement la proposition qu'elle avait rejetée

AJUSTEMENT - Dans une interview au "Parisien", la ministre du Travail a dessiné les premiers contours de "l'amendement gouvernemental" par lequel l'exécutif allait passer pour corriger son rejet polémique d'une proposition de loi visant à étendre les congés des parents endeuillés par la perte de leur enfant.

Après avoir fait amende honorable, l'heure est aux contre-propositions pour la ministre du Travail. Epinglée à tous les niveaux après le rejet d'une proposition de loi d'un député UDI visant à étendre le congé parental en cas de perte d'un enfant de cinq à douze jours, Muriel Pénicaud s'est engagée, dans les colonnes du Parisien, dimanche 2 février... à soutenir cette idée, l'étendant même aux fonctionnaires et non plus aux seuls salariés.

"Pas une question d'argent mais de solidarité"

Déjà, lors de son passage sur le plateau de LCI, dans la soirée du samedi 1er février, où elle se défendait d'un manque "d'humanité" ou "d'empathie" du gouvernement, elle a avait assuré que le gouvernement reprendrait cette idée. Enfin, pas totalement. Dans l'interview qu'elle a donné au quotidien, comme lors de son passage sur notre antenne, elle délaisse volontiers la question du financement de la mesure, qui avait été centrale pour motiver son rejet. 

A l'Assemblée, les députés de LaRem et elle-même ne voulaient pas "qu'on s'achète une générosité à peu de frais sur le dos d'une entreprise". "Est-ce que c’est normal que cela soit la petite entreprise qui paye cela à 100% et pas la solidarité nationale ?" Sur LCI, la ministre expliquait avoir été "surprise et choquée" que le texte du député Guy Bricout "ne mentionne pas la solidarité nationale". Dans ses réponses au Parisien, elle assume que cette question "ne soit pas une question d'argent mais de solidarité et de compassion pour la Nation". 

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"Il ne tenait qu'à eux de proposer un projet de substitution"

"La mesure pourra être financée par la solidarité nationale, autrement dit la Sécurité sociale", poursuit encore l'ancienne directrice des ressources humaines du groupe Danone. "Est-ce que les entreprises en prendront une part ? Toutes les options sont possibles". Sur le plan formel, la ministre indique que cette proposition reviendra "au Sénat sous la forme d'un amendement gouvernemental", à une date qui "n'est pas encore fixée". 

Une nouvelle posture qui satisfait le député Guy Bricout, une question : pourquoi, alors, ne pas avoir fait usage du droit d'amendement dont dispose le groupe pour proposer un autre amendement ? C'était le sens de la question d'Olivier Milot, membre de l'association Apprivoiser l'absence, interviewé ce dimanche sur LCI. "Au moment où Muriel Pénicaud et les députés LaRem votaient contre la proposition de loi, sur le motif que c'était financé à 100% par les entreprises, il ne tenait qu'à eux de proposer un projet de substitution dans lequel c'était la collectivité nationale et non plus les entreprises qui prenaient le relais."

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Congé parental : "Il ne tenait qu'au gouvernement de faire une autre proposition"

"Dans des moments comme ça, la solidarité nationale peut être exprimée par tout le monde : l'Etat, les entreprises, et le patron du Medef l'a dit, et bien évidemment les salariés", a-t-il conclu.

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