Fabien Roussel, 1er candidat du PCF depuis 2007, veut faire de la jeunesse "une grande cause nationale"

Fabien Roussel, 1er candidat du PCF depuis 2007, veut faire de la jeunesse "une grande cause nationale"

PRÉSIDENTIELLE - C'est une première depuis 2007 pour le PCF. Le parti enverra son propre candidat à l'élection présidentielle. Fabien Roussel a en effet été officiellement investi par plus de 82% des adhérents. Il était l'invité du 13H de TF1 ce dimanche.

Il l'assure, il ira "jusqu'au bout". Malgré un paysage politique particulièrement fragmenté à gauche et, selon les sondages, loin de pouvoir prétendre à rallier une majorité d'électeurs derrière ses idées, le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) Fabien Roussel entend se jeter dans la bataille de la présidentielle de 2022 en plaçant la jeunesse au cœur de son projet présidentiel afin d'en faire une "grande cause nationale". Celui-ci a été officiellement investi candidat du PCF par plus de 82% des adhérents du parti ce dimanche. 

Finis donc les ralliements derrière Jean-Luc Mélenchon, comme en 2012 et 2017, le parti communiste entend exister par lui-même. "La situation est bien différente de 2012 et 2017", a défendu Fabien Roussel sur TF1 (voir la vidéo ci-dessus). "Je suis candidat car la situation l'exige." Il faut dire qu'à un an de l'élection reine de la Ve République, aucune candidature à gauche n'a encore pris de véritable ascendant sur toutes les autres, dans l'optique de rassembler derrière sa candidate ou son candidat.

Un sondage récent d'IFOP-Fiducial pour le JDD, situe Jean-Luc Mélenchon entre 10 et 13,5% d'intentions de votes au premier tour, les écologistes d'Europe Écologie-Les Verts entre 2 et 9%, selon que ce soit Éric Piolle ou Yannick Jadot, et le Parti socialiste est situé entre 5 et 10% d'intentions de votes si c'est Arnaud Montebourg ou Anne Hidalgo. Rien de bien réjouissant pour le moment.

"PCF is back"

Une occasion en or pour l'ancien premier parti de France au sortir de la Seconde Guerre mondiale ? Cela reste à démontrer. Le souvenir, cuisant, de la présidentielle 2007 est encore très frais dans les mémoires des communistes français. Un traumatisme pour le parti de la place du Colonel-Fabien, son siège historique à Paris, où il n'a totalisé que 1,93% des voix avec sa candidate Marie-George Buffet. Une élection présidentielle qui avait en plus suscité une forte mobilisation des électeurs avec 83,77% de votants.

Pas de quoi inquiéter Fabien Roussel, il l'assure, en anglais "PCF is back". "Tout le monde souhaite que la gauche se rassemble et l'emporte. Travaillons à cela avec une candidature neuve et un candidat qui ressemble à beaucoup de Français", vante le député du Nord, ancien journaliste. Un candidat communiste qui ressemblerait à tous les Français, dans une optique de dépassement de la gauche : "Je veux parler au monde du travail. Je pense à l'ouvrier des usines, à l'agriculteur, à l'infirmière, à l'instituteur, à l'artiste, mais aussi aux chefs d'entreprise de tailles moyennes soumis aux lois des banques et des multinationales." 

Peu au fait de la notion d'intersectionnalité, le potentiel candidat du PCF se dit aussi opposé aux luttes "en fonction de sa couleur de peau, de son sexe, de son genre, de sa religion... En face, la classe des riches est, elle, moins nombreuse, mais unie. Cette segmentation nous affaiblit plus qu'autre chose".

La gauche toujours plus éparpillée

Le positionnement de Fabien Roussel ne convainc pas la totalité des communistes. L'ancienne candidate Marie-George Buffet souhaite l'union avec La France insoumise de Mélenchon, quand d'autres députés communistes plaident pour une union, sans préciser laquelle. Jean-Luc Mélenchon affirmait lui en mars qu'il se sentirait "meurtri" et "affaibli" sans le soutien du PCF.

 Benoît Hamon, ancien candidat socialiste en 2017, a estimé récemment qu'il serait "criminel" pour la gauche de ne pas se rassembler en 2022. "On ne peut pas dire : 'Nous voulons le bien du plus grand nombre' et finalement, au moment d'être candidat, tout faire pour perdre", a-t-il insisté.

Lors d’un point presse jeudi 8 avril, Fabien Roussel affirmait : "Soit je décolle et c’est une chance pour la gauche, soit je reste au ras des pâquerettes et ça ne change rien pour la gauche".  

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