Face aux crises, l'exécutif renonce aux piliers du macronisme ?

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DÉCRYPTAGE - Dans sa chronique "Les indispensables", Jennifer Knock s'est intéressée, ce jeudi 6 décembre 2018, aux réformes que le gouvernement a dû revoir.

En pleine crise des gilets jaunes, l'exécutif est dos au mur, et décide de ralentir son action afin d'apaiser les tensions. Certaines réformes prévues dans le quinquennat d'Emmanuel Macron perdent de la vitesse, voire sont mises entre parenthèses, au risque de ne pas respecter le budget prévu et de renoncer à certains piliers du macronisme

Orthodoxie budgétaire

Après l'annonce du moratoire sur la taxe des carburants pour six mois, Edouard Philippe est revenu sur cette décision pour l'annuler complètement, repoussant à un an cette mesure. Une annulation qui, à l'origine, devait coûter 2 milliards d'euros à l'Etat, et qui en coûtera désormais le double, soit 4 milliards d'euros.


En plus de cela, le Premier ministre renonce à d'autres taxes relatives au kilométrage notamment, qui devaient coûter 500 millions d'euros au contribuable. Un manque à gagner de 4,5 milliards d'euros en tout pour l'Etat. 

Réformes à marche forcée

L'exécutif ne peut désormais plus prendre le risque de mener à bien ses réformes sociales dans les mois à venir, "infaisable pour l'instant", assure-t-il. C'est pour cela que les réformes concernant un recul social ou une perte du pouvoir d'achat ne seront pas évoquées pendant trois à six mois. 


Une pause durant laquelle les réformes qui coincent, comme celle sur les retraites, le chômage ou encore la fonction publique, ne seront pas abordées. En opposition au début du quinquennat, très réformateur, le gouvernement veut ici "privilégier le dialogue permanent". 

Europe

L'Union européenne fait grincer les dents de nombreux gilets jaunes. Alors qu'Emmanuel Macron a fait de l'Europe son cheval de bataille, il a prévu de renoncer, à l'approche des élections européennes, à la taxation commune des Gafa avec les Etats membres. 


La France prendra donc elle-même ses responsabilités pour les taxer, si l'Allemagne ne s'engage pas en 2019.

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