Filles harcelées en prépa Saint-Cyr : "Nous ne tolérerons pas qu'une minorité maltraite des femmes", réagit Marlène Schiappa

Filles harcelées en prépa Saint-Cyr  : "Nous ne tolérerons pas qu'une minorité maltraite des femmes", réagit Marlène Schiappa

HARCÈLEMENT - Insultes, marginalisation, humiliations... Le journal "Libération" relate ce vendredi des cas de harcèlement de jeunes filles au lycée militaire de Saint-Cyr-l’Ecole. Une situation "totalement contraire aux valeurs de la République", assure Marlène Schiappa à LCI. Un rendez-vous de travail est prévu avec la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq.

Les témoignages sont édifiants. Une enquête publiée par Libération ce vendredi relate les faits de harcèlement dont seraient victimes des jeunes filles au lycée militaire de Saint-Cyr-l'Ecole. Selon le quotidien, "le sexisme est érigé en système" et "en quasi toute impunité", par un groupe d'élèves ultraconservateurs surnommés les "tradis" dont l'objectif est de "saper les ambitions des étudiantes" aspirant à devenir officiers.

Le harcèlement des jeunes filles est inadmissible, illégal et nous ne tolérerons pas qu’une minorité maltraite des femmes et salisse l’image des armée- Marlène Schiappa

Interrogée par LCI, Marlène Schiappa dénonce une "situation totalement contraire aux valeurs de la République". "Le harcèlement des jeunes filles est inadmissible, illégal et nous ne tolérerons pas qu’une minorité maltraite des femmes et salisse l’image des armées dont la grande majorité des responsables a, au contraire, à cœur d’assurer un traitement égal à chaque engagé pour servir et défendre la France".

L'entourage de la ministre nous assure que cette dernière sera d'une "grande fermeté". "C'est tolérance zéro pour les actes de cette nature, qui salissent les valeurs de la République". Selon nos informations, un rendez-vous de travail est d'ailleurs prévu ce vendredi entre Marlène Schiappa et la secrétaire d'Etat auprès de la ministre des Armées, Geneviève Darrieussecq.

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Coups de pied dans les portes, défécation devant leur chambre...

"Coups de pied dans les portes la nuit pour empêcher les filles de dormir, défécation devant leur chambre, refus de manger à la même table qu’elles à la cantine, menaces de 'scalp', pancartes 'à mort les grosses' affichées dans l’internat ou encore les chansons composées des termes 'salopes'" : Libération liste les comportements et humiliations dont étaient victimes les jeunes femmes.

Le quotidien précise avoir été sollicité par l'une d'elles, âgée de 20 ans, qui a adressé en décembre dernier un courrier à Emmanuel Macron. "Une quinzaine d'autres personnes" se seraient ensuite manifestées "spontanément" auprès de Libération. Plusieurs d'entre elles, qui entendaient intégrer l'Ecole spéciale militaire, se sont réorientées.

On peut difficilement sanctionner un état d’esprit- Benoît Brulon, chef du service d'information de l'armée de terre,

Selon la ministre des Armées, Florence Parly, interrogée sur RTL ce vendredi, "des mesures ont été mises en oeuvre". Il se trouve que dans certains établissements et en particulier un, des agissements inacceptables se poursuivent", continue-t-elle. Depuis trois ans, l'ensemble des établissements scolaires - vous savez que nous avons des collèges, des lycées, des écoles supérieures -  ont été inspectés et un certain nombre de dysfonctionnements, y compris graves, ont été relevés", a-t-elle précisé. 

Interrogé par LCI, le colonel Benoît Brulon, chef du service d'information de l'armée de terre, reconnaît un problème au lycée Sant-Cyr. En 2015, la section "sciences économiques" de la prépa Saint-Cyr a été supprimée aux motifs de "comportements discriminatoires à l'égard des élèves féminines" et de "conduites vexatoires et blessantes". Aujourd’hui, le problème demeure "de manière circonscrite à une section - celles des Lettres -", reconnaît-il, tout en affirmant que "la persistance de cet esprit est compliqué à faire disparaître chez de jeunes adultes qui ont une vision fantasmée d’un certain nombre de choses".

Pour ce qui est des décision disciplinaires, il assure que l’ensemble des comportements ont toujours été sanctionnés, mais que certaines choses sont devenus souterraines. En clair, il semblerait difficile d'établir les faits. Et le colonel Benoît Brulon d'ajouter : "On peut difficilement sanctionner un état d’esprit". 

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