Fillon et les déremboursements de soins : le "ça dépend du rhume" qui fait éternuer

ATCHOUM – Ce lundi matin sur France Inter, Jérôme Chartier, porte-parole de François Fillon durant la primaire, a fait monter la fièvre chez ceux que le programme du candidat de la droite sur la Sécurité sociale inquiète. Il a affirmé que tout remboursement de la prise en charge d’un rhume… "dépendrait du rhume".

C’est l’une des principales sources d’inquiétude de ses détracteurs.  La réforme de la Sécurité sociale telle qu’elle est prévue dans le programme de François Fillon prévoit de ne plus rembourser que les maladies longues et graves, laissant aux complémentaires santé le soin de prendre en charge les "petits risques". Mais où finit le "petit risque" et où commence le grand ? C’est ce que Jérôme Chartier, porte-parole du candidat lors de la primaire de la droite, a tenté de clarifier ce lundi 12 décembre sur France Inter…  plutôt maladroitement.


"La sécurité sociale est en déficit, la situation n’est plus tenable. Les complémentaires santé complètent le remboursement, cette part-là doit être régulée", commence-t-il par déclarer, déroulant la petite musique bien connue du camp Fillon au sujet du fameux "trou de la Sécu". Mais à la question spécifique "la prise en charge des rhumes sera-t-elle toujours remboursée ?", Jérôme Chartier semble bien en peine d’établir une distinction claire entre ceux qui auront droit au remboursement et ceux qui devront faire jouer leur assurance privée. "Le rhume, ça dépend de quel rhume" répond-il. "Il faut entrer dans le détail. C’est comme ce qu’on appelle la médecine de confort, c’est quelque chose qui n’est pas défini dans le code de la Sécurité sociale. Je ne suis pas médecin, je ne suis pas capable de vous le dire, c’est le médecin qui pourra vous le dire, un rhume si ça tourne mal, ça peut devenir beaucoup plus qu’un rhume, c’est le médecin qui va le déterminer."

"Un index sur le degré d'éternuement ?"

Une réponse qui a sucité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, et qui a été bien loin de convaincre la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Peu après l’intervention de Jérôme Chartier, la voici qui tweete, un brin ironique : 

En novembre dernier auprès de LCI, Jean-Pierre Laborde, professeur émérite de l’université de Bordeaux et membre du centre de droit comparé du travail et de la Sécurité sociale, décryptait pour nous "la potion amère de François Fillon" en matière de protection sociale. Et expliquait : "La distinction entre le petit risque et le gros risque sera très difficile à mettre en œuvre. Il est à craindre que la non-couverture sociale du petit risque écarte la population la plus précarisée. En outre, il est connu que le petit risque, s’il n’est pas pris en compte, peut cacher la survenance d’un plus gros problème." Il reste quelques mois à François Fillon, d’ici mai 2017, pour clarifier sa typologie du rhume. En attendant, mieux vaut ne pas attraper froid.

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