Financement libyen : Nicolas Sarkozy aurait-il fait pression sur la DCRI ?

Politique

ECOUTES – Selon Le Monde et l'AFP, l'ex-président aurait, par l'intermédiaire de son directeur de cabinet, tenté de rechercher des soutiens et des informations dans le dossier du financement libyen de sa campagne.

Des écoutes sans fin... En juin 2013, le directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy, Michel Gaudin, a contacté le patron de la DCRI pour lui demander des renseignements concernant l'enquête sur le financement libyen de la campagne présidentielle en 2007. Le Monde et l'AFP ont publié les retranscriptions ce jeudi qui montrent un ex-président inquiet de savoir si le patron de la DCRI lui est vraiment fidèle.

Le 20 juin 2013, France 2 diffuse une interview de l'interprète de Mouammar Kadhafi, Moftah Missouri, qui répète les accusations de financement occulte de la campagne victorieuse de 2007. Le lendemain, Michel Gaudin (qui est placé sur écoute) s'entretient avec le patron du renseignement intérieur, Patrick Calvar. Et lui explique ne pas vouloir le mettre en difficulté mais avoir reçu une information selon laquelle la DCRI aurait entendu Moftah Missouri. Surpris, Patrick Calvar dit qu'il n'est pas au courant, promet une "rapide vérification" dans l'heure. Il raccroche... et ne donne pas suite.

"C'est le style DST", pas "le style des RG"

Ce silence va inquiéter le QG de Nicolas Sarkozy qui se demande si ce n'est pas le signe que la DCRI a bien entendu Missouri. Nicolas Sarkozy, qui conserve des relais dans la hiérarchie policière, s'enquiert de savoir si Patrick Calvar lui est "fidèle", de ses liens avec son prédécesseur Bernard Squarcini, un proche. Michel Gaudin le rassure: "On l'a beaucoup aidé." Mais, ajoute-t-il, Patrick Calvar, "c'est le style DST", service réputé pour sa discrétion, pas "le style des RG", plus "olé olé" à l'en croire. L'ancien président explique même avoir appelé directement Patrick Calvar, s'être montré pressant, sans obtenir plus d'information.

C'est après ces échanges téléphoniques de juin 2013 et cette approche de Patrick Calvar par le camp Sarkozy, que le placement sur écoute de l'ex-chef de l'Etat par les juges a été ordonné. Ces conversations avec son avocat depuis un téléphone enregistré au nom de Paul Bismuth ont ensuite conduit à une information judiciaire fin février pour trafic d'influence et violation du secret de l'instruction.

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