Florian Philippot annonce la fermeture du Lab-Europe 1, la radio dément

Florian Philippot annonce la fermeture du Lab-Europe 1, la radio dément

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FN ET MÉDIAS - Invité de l'émission PolitiqueS jeudi 18 juin, Florian Philippot a annoncé la fin du Lab d'Europe 1 devant un des journalistes de ce site de décryptage de la parole politique. Seul hic, le site du groupe Lagardère n'est pas au courant. Un coup d'intox ?

Bras droit de Marine Le Pen au Front national, Florian Philippot a, semble-t-il, plus d'information sur la stratégie future d'Europe 1 que certains des salariés du groupe Lagardère.

"Il paraît que ça n'existera plus, j'en suis ravi"

Invité de l'émission PolitiqueS jeudi 18 juin, le numéro 2 frontiste y était interviewé par un journaliste du Lab , un site appartenant à Europe 1. En toute fin de séquence, ce dernier n'a rien fait de moins qu'annoncer la fin prochaine du site de décryptage de la parole politique, critique acerbe à l'appui :

"Votre média, c’est un espèce de machin qui tire vers le bas la politique, qui salit, qui diffame, qui injurie en permanence et qui moque. Et c'est souvent un tract du gouvernement, le Lab d'Europe 1. Mais il paraît que ça n’existera plus à la rentrée. J'en suis très ravi."

A Europe 1, on fait bloc derrière le Lab

Quelle réalité dans cette affirmation ? Contacté par metronews, Florian Philippot s'est montré des plus secrets sur la façon dont il aurait obtenu cette information, se contentant de dire : "Je fais très bien la distinction entre Europe 1 et le Lab." Le démenti est tout de même rapidement tombé : à metronews vendredi, Europe 1 a aussitôt assuré que le Lab serait "toujours présent à la rentrée." Un maintien confirmé par Fabien Namias, directeur général de la station, auprès du Scan : "Ce n'est pas à un responsable politique de dicter la la grille d'Europe 1."

Fondée ou non, la diatribe du député européen n'a pas laissé les journalistes de la rédaction du Lab insensibles. Peu de temps après l'émission, ils se sont empressés de publier un article , où il apparaît que les deux parties entretiennent des relations exécrables.

"Florian Philippot ne nous aime pas", expliquent-ils à deux reprises. Pour quelle raison ? Le Lab, qui scrute sans répit la parole politique, a sa petite idée : des articles consacrés aux dérapages racistes, violents ou homophobes de candidats FN. Des dérapages pourtant condamnés par Florian Philippot , et qui ont été largement par les médias, y compris metronews (ici, ici et là). Le Front national avait d'ailleurs fini par exclure définitivement 16 candidats, au début du mois de juin.

EN SAVOIR + >> Le FN exclut définitivement 16 candidats

Philippot ironise : "J'ai commis un crime de lèse-Lab"

Mais les articles et leur ton, volontiers potache, ne passent pas. Florian Philippot prend, courant mars 2015, la décision de ne plus parler au Lab. Il le qualifie, selon des textos publiés sur le site, de "benne à ordures" ou encore de "suite ininterrompue de reprise de propagande PS ou UMP contre le FN". Le tout entrecoupé de messages intimant aux journalistes qui voulaient le contacter de le laisser "tranquille".

Difficile d'en savoir plus auprès de Florian Philippot qui a préféré manier l'ironie : "J'ai commis un crime de lèse-Lab. Pardon, je me repentirai d'avoir osé critiquer ce formidable média qui apporte tellement au débat politique."

Au Lab, on ne comprend pas plus la situation. Sa rédactrice en chef Aurélie Marcireau avoue n'avoir "aucune idée d'où ça peut lui venir. L'année dernière encore, la même interview (autour de la 25e-26e minute), sur LCP, s'était déroulée de façon très cordiale." Et de rappeler que les dérapages de candidats FN avaient occupé bien des journalistes, pas seulement les siens. Une équipe de rédacteurs qui, sauf retournement de situation, poursuivra donc son activité au-delà du mois de septembre. Quitte à décevoir Florian Philippot.

EN SAVOIR + >> Relations exécrables avec des journalistes : le FN vise les médias "qui font de la politique"

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