FN : comment Marine Le Pen prépare sa rentrée

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DÉCRYPTAGE - Comme chaque année, Marine Le Pen va effectuer sa rentrée politique ce samedi dans le village de Brachay, en Haute-Marne. Après une diète médiatique de deux mois, elle compte bien dénoncer le début de quinquennat d’Emmanuel Macron. Toutefois, ses prochaines semaines seront avant tout consacrées à la mue du FN. LCI fait le point.

Après un été à diriger son échec au second tour de l’élection présidentielle, Marine Le Pen s’apprête à refaire parler d’elle. Après le JT de TF1 jeudi soir, elle sera samedi à Brachay, ce village de Haute-Marne qu'elle considère comme "le symbole de la France des oubliés" et où elle effectue chaque année sa rentrée. Elle se rendra à "l'université des élus" le 30 septembre à Poitiers, puis, selon nos informations, fera un déplacement auprès de la fédération FN du Vaucluse le 8 octobre à Carpentras.  "Marine Le Pen revient et elle va guider ses troupes", se félicite auprès de LCI un proche de la présidente frontiste. Faut-il s’attendre à des annonces, samedi à Brachay ? "Tout n'est pas fermé. Elle hésite encore entre des annonces fortes tout de suite ou plus tard", indique ce cadre du FN. 


Dans son discours, elle va naturellement envoyer quelques scuds à Emmanuel Macron. "Elle va dire en quoi il est catastrophique, en quoi les Français ne peuvent plus compter que sur nous", nous précise son entourage. Un nouveau slogan et une nouvelle affiche vont également être dévoilés ce week-end. "Le slogan va permettre de meubler jusqu'au Congrès. L'idée, c'est de dire 'on remonte à cheval, on repart à l'attaque, on serre les rangs et on s'y remet'". 

Selon nos informations, Marine Le Pen pourrait aussi évoquer la future organisation du parti. C’est d’ailleurs là le chantier prioritaire du moment au FN. Certains espèrent la convaincre de profondement transformer la formation. Outre le changement de nom quasiment acté, l'idée d'une confédération des mouvements patriotes va être proposée. La direction du FN semble avoir compris que l’hégémonie du FN au sein du Rassemblement Bleu Marine est la cause principale de l’échec de ce mouvement plus large qui devait justement permettre l’arrivée de nouveaux soutiens. 


Dans ce nouveau cartel de partis, le FN nouvellement nommé resterait évidemment le pilier. Mais il accorderait plus de liberté aux autres composantes. "Chaque groupe aurait son patron et on formerait une grande confédération", résume un élu frontiste. "Un peu à la manière de l'UDF, histoire d'essayer de faire vivre nos différences", précise-t-il.  Nicolas Dupont-Aignan et son parti Debout La France, le CNI ou encore le maire de Béziers, Robert Menard, seront logiquement invités à rejoindre ce rassemblement des patriotes s’il voit le jour".

Cela offrirait aussi une porte de sortie à Florian Philippot", espère-t-on au FN. Car pour ce dernier, la situation devient insoutenablent. La création par le vice-président du parti lors des législatives d’un mouvement parallèle aux FN, baptisé Les Patriotes, n’a toujours pas été digérée. Ses détracteurs ne manquent d’ailleurs jamais une occasion pour ironiser sur sa réelle capacité à attirer à lui les déçus de Marine Le Pen. Alors qu’il devait organiser les premières réunions de son mouvement durant l’été, aucune n’a pour le moment eu lieu. "Il n'a pas trouvé de cabine téléphonique assez grande pour le faire", persifle l’entourage de Marine Le Pen.


Quoi qu’il en soit, certains cadres frontistes sont convaincus que les jours de Florian Philippot sont désormais comptés au sein du FN. "Il continue sa fuite en avant et ajoute de la difficulté à la difficulté. Il est dans une stratégie dans laquelle il se sent seul et assiégé". Pourtant Marine Le Pen semble ne pas vouloir intervenir. Pour le moment... "Elle n'a jamais rien interdit. Elle ne voit pas ce qu'il fait d'un bon œil mais elle dit : 'on verra ce que ça donnera'", assure ce membre du parti. De toute façon, "soit Marine lui dit au revoir, soit il continue et il se condamne à sortir", ajoute-t-il.

Mais il n’y a pas que le cas Philippot. Le FN espère aussi à l’occasion de cette rentrée retrouver l’attractivité qui a été la sienne lors des élections intermédiaires lors du précédent quinquennat. Et pour cela, il compte prendre son temps étant donné qu’il n’y a pas d’élection au suffrage universel avant les européennes 2019. D'ici quelques semaines, Marine Le Pen va d'ailleurs entreprendre une tournée de 12 étapes dans toute la France. "Ce sera sous forme de déjeuner-débat avec les militants et des réunions avec les responsables locaux. Cela aura lieu surtout les week-end parce que Marine Le Pen a déjà son agenda parlementaire. L'idée, c'est le travail et la convivialité", précise-t-on à LCI. La liste des villes concernées par cette tournée n'a pas encore été arrêtée.


"Pour nous, la question c'est comment, on devient crédible", conclut un parlementaire FN. "Les mots d'ordre doivent être : identité, souveraineté, liberté et anti-système. Alors je sais que c'est compliqué d'être anti-système quand on veut accéder au pouvoir mais on ne peut pas être un robinet d'eau tiède", explique-t-il. Et de prévenir : "Beaucoup ont enterré Marine Le Pen trop tôt". 

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