FN : Jean-Marie Le Pen estime que son exclusion "fermerait les portes du pouvoir" à sa fille

Politique

FAMILLE JE TE HAIS - Jean-Marie Le Pen a encore sorti l'artillerie lourde contre sa fille, dans une interview au Figaro, jeudi 11 juin. Un timing qui ne doit rien au hasard, la veille de la décision de justice sur sa suspension du Front national.

FN en crise, nouvel épisode : "Il est quand même acceptable que, dans un mouvement, ce ne soit pas la parole d'un Führer qui fasse l'évangile." L'énième sortie de Jean-Marie Le Pen au sujet de sa fille, qu'il compare implicitement à un Adolf Hitler adepte du prosélytisme, jeudi 11 juin sur le site du Figaro , situe à nouveau la médiocrité des relations entre le fondateur du parti et sa fille.

La présidente "prisonnière" de Philippot

A la veille d'une journée décisive dans le bras de fer qui l'oppose au Front national, Jean-Marie Le Pen étale une nouvelle fois son ressentiment à l'égard de sa fille, "Madame Le Pen". Le toujours président d'honneur du FN, qui sera présent vendredi matin au tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine) pour contester sa suspension en tant qu'adhérent du parti , explique jeudi soir dans une interview au Figaro qu'il attend que la justice remette en cause cette décision des instances dirigeantes. Et que si c'est le cas, il reprendra "(s)a place, qui semble être gênante".

Une nouvelle fois, il dénonce une "trahison" et décoche des flèches assassines contre Marine Le Pen, "prisonnière" selon lui du vice-président Florian Philippot. Si le tribunal de Nanterre lui donne tort, juge-t-il, "je serais, historiquement, le premier fondateur d'un parti qui en aura été exclu pour de misérables considérations politiciennes. Et je pense que les portes du pouvoir, si tant est qu'elles se sont entrouvertes, se fermeront à jamais devant Marine Le Pen. Quand on veut conquérir le pouvoir, on rassemble, on regroupe, on ne divise pas."

Le FN "est autoritaire", voire "dictatorial"

Jean-Marie Le Pen, qui avait été sanctionné pour un nouveau dérapage sur les chambres à gaz et une interview choc à l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol, estime que son parti n'est "pas démocratique". "Il est autoritaire, pour ne pas dire dictatorial, puisque seule la volonté exprimée par Marine s'impose, sans aucune discussion."

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Après l’audience au tribunal de Nanterre, le bureau politique du Front national doit se réunir au siège du parti, dans la même ville, pour décider des questions qui seront soumises aux adhérents lors d'une prochaine assemblée générale extraordinaire, et en particulier celle portant sur le sort réservé à la fonction de président d’honneur de Jean-Marie Le Pen. "Je pose une condition, martèle dans Le Figaro le chef historique du FN : si ces gens-là sont de vrais démocrates, je leur demande de poser, à part, la question sur la suppression de la présidence d'honneur. L'attitude consistant à poser cinq questions en ne donnant qu'une seule réponse est une crapulerie." La journée de vendredi promet de nombreux rebondissements.

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