FN : Marion Maréchal Le Pen, grande chouchoute du congrès de Lyon

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REPORTAGE - Au commencement, la députée du Vaucluse n'était pas destinée à devenir l'égérie du parti de son grand-père. Deux ans plus tard, elle est devenue la personnalité préférée des militants FN.

Sa chevelure blonde est apparue sur les écrans de télévision un soir du printemps 2012. Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans à l'époque, venait de réaliser un exploit : décrocher un siège de député du Vaucluse pour le FN. Seul le très médiatique maître Gilbert Collard, trois fois son âge, réussissait la même chose, dans le Gard. Dix-huit mois plus tard, cette fervente catholique a quitté les bancs de la fac de droit d'Assas (Paris), s'est mariée, est devenue maman et… nouvelle égérie du Front national, ni plus ni moins. "C'est le symbole de la nouvelle jeunesse de France", s'enflamme auprès de metronews Myriam, une militante du Rhône présente dimanche au congrès du FN à Lyon.

"Coup de pouce" du label Le Pen

L'événement de ce week-end a une nouvelle fois propulsé la jeune femme, autrefois très timide, sous les feux des projecteurs. Son élection au comité central – le parlement du parti – a mis au jour une véritable "Marion mania". Son résultat détonne : 80%, soit le score le plus important de tous les candidats. "Je m'attendais à ce résultat et je ne suis pas étonnée. Les militants ont trouvé qu'elle avait du talent et ils ont raison", a réagi la présidente du FN, sa tante Marine, avec qui elle s'est pourtant opposée sur le mariage pour tous. Son de cloche quelque peu différent quelques mètres plus loin, où son son rival défait, Florian Philippot, qu'elle a accusé d'avoir rendu le FN discret sur les valeurs familiales, raille le "coup de pouce" que lui offre son patronyme.

"Je l'ai connue en 2010, quand elle était candidate sur la liste des élections régionales en Île-de-France. Depuis, elle a pris de l'envergure", nous confie David Rachline, sénateur-maire de Fréjus (Var). Bluffé, il poursuit : "La dernière fois qu'elle est venue dans ma ville, elle s'est exprimée sans notes." Une telle aisance n'était pourtant pas gagnée. "Elle était réservée à l'idée de se présenter. Elle a été obligée de faire un choix entre sa candidature et ses examens. C’était un saut dans le vide. Elle a consulté sa mère, ses amis, gnagnagna", expliquait Jean-Marie Le Pen au lendemain de son élection à l'Assemblée nationale. 

"Exigence de patience"

Presque deux ans plus tard, le fondateur du FN tente maintenant de calmer les ambitions de Marion Maréchal-Le Pen. Marine Le Pen voulait qu'elle brigue la présidence de la région Paca en 2015 ? Le grand-père est contre : "Marion n’a jamais été élue simple conseillère régionale. Il serait bon qu’elle le soit pour qu’elle se fasse son expérience. Il y a une exigence de patience qui est incontournable."

Marion Maréchal-Le Pen vise-t-elle trop haut, trop vite ? Pas si sûr : certes renforcée par le congrès de Lyon de ce week-end, la jeune femme de 24 ans a toutefois refusé de devenir vice-présidente du mouvement pour éviter les accusations de népotisme : "Je ne voulais pas que Marine Le Pen se fasse reprocher le fameux 'front familial'." Préférant, donc, tenter d'acquérir "sa propre légitimité". Cependant, la voilà définitivement en passe d'incarner la saison 3 de l'histoire des Le Pen en politique.

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