"France en otage" : le député Jean-Pierre Pont (LaRem) accuse les grévistes de "faits de terrorisme"

La station Saint-Lazare bondée
Politique

GREVE - Interrogé sur le mouvement de grève contre la réforme des retraites, le député (La République en Marche) du Pas-de-Calais Jean-Pierre Pont n’a pas mâché ses mots pour s’en prendre aux opposants au projet du gouvernement. Pour lui, bloquer les raffineries ou provoquer des coupures d’électricité est assimilable à des "faits de terrorisme".

La grève contre la réforme des retraites dure maintenant depuis plus d’un mois, et certains députés de la majorité ne cachent pas leur agacement. C’est avec des mots très forts que Jean-Pierre Pont, député LREM du Pas-de-Calais, s’est ainsi exprimé sur la radio Delta FM, en visant notamment les grévistes qui veulent bloquer les raffineries. "Pour moi, prendre la France en otage, c'est tout à fait illégal. Et, évidemment on va peut-être me critiquer, c'est des faits de terrorisme. Fermer des centres d'approvisionnement de fuel (...) c'est ça, la démocratie ? Non, je ne crois pas", a-t-il déclaré dans des propos recueillis samedi et diffusés lundi soir.

"La grève oui, manifester oui, mais attention de ne pas prendre les Français en otage. C'est tout à fait illégal et c'est antidémocratique", a ajouté l'ancien maire UDF puis UDI de Neufchâtel-Hardelot. Relancé sur ses accusations "terrorisme", l’élu, qui compare donc ces situation de blocage à des événements dramatiques tels que la tuerie du Bataclan, s’emporte : "Répondez-moi : prendre les gens en otage, c'est le fait de quoi ? De gens démocrates ? De gens qui respectent la République ? Non !" 

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"Pour moi, otage me fait penser aux otages au Liban, aux otages quand il y a eu les affaires à Paris (...) Ça pourrait se terminer par des morts, c'est pas possible... Couper l'électricité à une maison de retraite ou à un centre hospitalier, écoutez, franchement, non, je ne peux pas admettre ça", a-t-il poursuivi. A noter que, depuis le début de cette pratique de coupures d'électricité, seule une à frappé un établissement de santé, à Agen, pour un total d'un quart d'heure, et encore la clinique visée n'a-t-elle duré qu'une dizaine de secondes, grâce au relais du groupe électrogène.

Comme le relève Le Parisien, Jean-Pierre Pont avait déjà établi un lien entre mouvement de grève et terrorisme en mars 2018, sans toutefois aller à l’époque jusqu’à qualifier les grévistes de terroristes. Après les attaques dans l’Aude, le député avait écrit une lettre ouverte pour demander aux grévistes de la SNCF d’arrêter leur grève perlée, compte tenu du risque d’attentat : "Les jours de grève, dans les rares trains bondés qui circulent, les salariés se rendant à leur travail et les voyageurs risquent malheureusement de constituer des cibles idéales pour les terroristes islamistes", jugeait-il, avançant qu’en cas d’attaque les grévistes auraient une "responsabilité dangereuse – voire criminelle". 

Le texte avait déjà provoqué la colère des syndicats, qui risquent fort de ne pas apprécier la nouvelle charge du député. D’autant que les opposants à la retraite ont déjà Jean-Pierre Pont dans le viseur : le 28 décembre dernier, lors d’une manifestation à Boulogne-sur-Mer, un rail de chemin de fer avait symboliquement était déposé devant sa permanence. 

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