Jean-Guy de Chalvron sur les comptes de campagne de Mélenchon : "Certaines anomalies sont du domaine judiciaire"

Politique
POLITIQUE - En janvier, ce rapporteur de la commission des comptes de campagne quittait son poste, convaincu que des irrégularités avaient entachées la course à l'Elysée de Jean-Luc Mélenchon. Dix mois plus tard et une série de perquisitions chez les "Insoumis", le fonctionnaire a réitéré son constat sur LCI.

"J'ai dit : attention, il y a des anomalies qui sont du domaine judiciaire. Il y a du pénal !" Dix mois après avoir rendu son tablier de rapporteur à la commission des comptes de campagne, Jean-Guy de Chalvron persiste et signe : des dépenses du candidat "Insoumis" sont litigieuses. Un avis que ce haut fonctionnaire à la retraite est venu défendre sur LCI ce vendredi.


"Je n'ai aucun conflit avec Melenchon que je ne connais pas", a assuré d'emblée celui qui, durant sa carrière, a travaillé dans plusieurs ministères et été directeur de cabinet de Louis Mexandeau au secrétariat aux Anciens combattants pendant la présidence Mitterrand. "Qu'est-ce qu'on va chercher des histoires politiques dans quelques choses qui n'a rien de politiques ?", a-t-il ajouté.

Ils en ont profité pour doubler la dépense

"Pourquoi j'aurais des comptes à régler avec lui ? C'est absurde", a estimé l'ancien rapporteur. Sur l'antenne de LCI, celui-ci a réitéré le discours tenu il y a quelques mois devant la commission : selon le rapporteur démissionnaire, 1,5 million de dépenses du candidat de la France insoumise, sur 10,7 millions, étaient litigieuses et n'auraient pas dû être remboursées par l’Etat, sans entraîner de rejet du compte de campagne. Mais la "lettre des griefs" qu’il souhaitait envoyer au candidat à la présidentielle se serait heurtée à un refus "extrêmement brutal" des permanents dirigeant la CNCCFP, qui lui auraient suggéré de revoir à la baisse ses propositions.


Ce vendredi, Jean-Guy de Chalvron a pointé comme exemple d'anomalie le "prêt illégal de main d'œuvre." A savoir "un certain nombre de personnes qui travaillaient à temps complet dans l'équipe de campagne et qui appartiennent de ce fait à l'association de financement de la campagne, et qui étaient par ailleurs salariés d'une association liée au candidat. Ils se faisaient imputer eux-mêmes des factures au titre de leur travail dans l'association qui n'existait pas puisqu'ils étaient à temps plein dans la campagne. Ils en ont profité pour doubler la dépense. J'ai considéré qu'il y avait là une anomalie."

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Jean-Luc Mélenchon : "Jean-Guy de Chalvron, un homme vil et dégénéré"

Devant ces accusations, Jean-Luc Mélenchon a réitéré ses attaques. Dans un communiqué, il a estimé que "toutes ces enquêtes sont déclenchées sur l’initiative de gens politiquement engagés et déjà eux-mêmes sous le coup de procédures judiciaires comme M. (Jean-Guy) de Chalvron." Ce dernier a eu droit à une nouvelle salve de la part de l'élu "insoumis", qui tenait cet après-midi une conférence de presse au cours de laquelle il a évoqué un homme "vil et dégénéré". Et d'appuyer : "il fait de la dénonciation en cachette ; il devait être en plateau avec Adrien Quatennens, il tenait l'occasion de sa vie d'avoir la lumière sur lui, de montrer ses arguments. Il s'est dégonflé comme la baudruche qu'il est, en suppliant les larmes aux yeux Adrien Quatennens de parler avant lui. Voilà qui sont les gens qui m'attaquent", a conclu le chef de file LFI.

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