François Fillon : "Je m’appelle Fillon, pas Hollande"

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Fillon candidat de la droite pour 2017

PRÉSIDENTIELLE - François Fillon s'est montré inflexible samedi dans la grande salle de la Mutualité à Paris alors qu'il était officiellement investi candidat LR pour la présidentielle. Il a affirmé qu'il ne changerait pas son programme malgré les critiques au sein même de son parti.

Les dissidents sont prévenus. François Fillon a promis de "ne céder à aucune intimidation" venue de la gauche ou de son propre camp. Toujours favori des sondages à trois mois de la présidentielle, il a été officiellement investi, samedi 13 janvier à Paris, candidat de la droite.

Devant le Conseil national de son parti réuni à la Mutualité de Paris en présence de plus de 2.500 personnes, selon les organisateurs, l'ex-Premier ministre s'est montré déterminé à ne "pas changer" son projet, qualifié de "brutal" par ses adversaires de gauche. Et de son camp, d'où fusent également des critiques, il attend de la "discipline", a-t-il lâché devant les cadres de son parti et les principaux élus LR. 

Ce projet, je vais l’expliquer, je vais le préciser, l’enrichir de vos meilleures idées, mais pas de zigzags, pas de camomille. - François Fillon

"Je ne vais pas changer ce que je crois et ce que je veux en fonction des vapeurs des uns et des injonctions du microcosme. Il y a deux mois, je n’étais pas son candidat favori. Je n’ai pas l’intention de le devenir", a prévenu François Fillon, qui prône "la révolution de bon sens".  "Ce projet, je vais l’expliquer, je vais le préciser, l’enrichir de vos meilleures idées, mais pas de zigzags, pas de camomille. Je m’appelle François Fillon, pas François Hollande", a-t-il asséné. 

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Pas de remise en question de la loi sur l'interdiction du cumul des mandats

Le député de Paris a déclenché les applaudissements de l'assistance en réaffirmant avec force qu'il n'abrogerait pas la loi sur l'interdiction du cumul des mandats, malgré la bronca d'élus de sa propre famille politique, tels Laurent Wauquiez, Christian Jacob ou Jean-François Copé, qui ne se trouvait d'ailleurs pas dans l'auditoire. "Comment nos concitoyens pourraient-ils comprendre que nous nous occupions de nous-mêmes au lieu de nous occuper d’eux ? ", a-t-il demandé. "Ce serait un bien mauvais début de mandat, pour moi comme pour tous les parlementaires de notre majorité".

S'il est élu en mai prochain, il ne rétablira pas non plus la défiscalisation des heures supplémentaires, réclamée par des membres de son camp, l'une des mesures phares du quinquennat de Nicolas Sarkozy, dont il fut le seul Premier ministre. "Si on réintroduit la défiscalisation des heures supplémentaires, alors l’intérêt de négocier un allongement de la durée du travail disparaît : pour les salariés et même les entreprises, il vaudra bien mieux rester aux 35 heures et bénéficier des avantages fiscaux et sociaux dès la 36e heure", a-t-il expliqué.

J’attends de mon parti de la responsabilité et de la discipline.- François Fillon

"Il m’arrive d’entendre certains à droite utiliser les mêmes mots que la gauche... Que ma victoire ait pu décevoir certains je puis le concevoir, mais j’attends de mon parti de la responsabilité et de la discipline", a-t-il lancé. Peu auparavant, Laurent Wauquiez, très applaudi, lui avait lancé: "tu n'as pas besoin de clones", mais de soutiens aux "convictions fortes". 

François Fillon a également promis d'oeuvrer pour la parité parce qu'il ne veut "pas d'un parti misogyne", alors que seules 36% de femmes ont été investies pour les prochaines législatives, en progression toutefois de onze points par rapport à 2012. 

Le candidat LR n'a toutefois pas dit un mot sur son récent rétropédalage concernant la réforme du régime de santé.  Il a affirmé n'avoir été "ni bon", "ni clair" sur la question lors de sa campagne pour l'investiture LR.   "Ce que nous avions écrit a été mal compris, je l’ai retiré, j’ai lancé un débat avec l’ensemble des responsables de la santé, les médecins", a-t-il reconnu mercredi 11 janvier sur BFMTV. 

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