François Fillon veut enseigner le "récit national" à l'école

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PATRIE - Pour François Fillon, pour redonner de la "fierté d'être Français", il faut "revoir l'enseignement de l'Histoire à l'école primaire", qui fait trop "douter de notre Histoire".

Lui aussi fait sa rentrée politique. François Fillon, candidat à la primaire de la droite et du centre, était en meeting à Sablé (Sarthe), ce dimanche 28 août. Face à plus de 1500 de ses partisans, l'ancien Premier ministre a développé sa vision de l'école.


François Fillon, qui stagne à la quatrième position des intentions de vote, derrière Alain Juppé, Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire, a promis de "traquer toutes les démissions de la société française et d'abord celles de l'école". Sa solution : réécrire les programmes d'histoire pour en faire un "récit national".

"Fierté", "respect", "autorité"

Avec l'ancien Premier ministre, le ton est ferme. Son ambition pour l'école vise à "retrouver la fierté d'être Français", ce qui pas par un "réarmement moral". François Fillon propose ainsi un "apprentissage du respect et de l'autorité à l'école primaire" avec, par exemple, le port obligatoire de l'uniforme.


Son problème, à François Fillon, c'est qu'il trouve qu'à l'école, on fait "douter de notre Histoire". Il lance : "Cette instruction est honteuse !" Alors il entend bien faire "retrouver la confiance dans notre patrie". Et pour cela, il faut réécrire les manuels d'Histoire.

Faire de l'Histoire un "récit national"

François Fillon souhaite "revoir l'enseignement de l'Histoire à l'école primaire", parce que, selon lui, il est insupportable que les maîtres soient "obligés d'apprendre aux enfants à comprendre que le passé est source d'interrogations". Il entend donc demander "à trois académiciens de s'entourer des meilleurs avis pour réécrire les programmes d'histoire avec l'idée de les concevoir comme un récit national".


Exit tout apprentissage critique, François Fillon met la barre à droite toute afin de faire de ce "récit national [...] une Histoire faite d'hommes et de femmes, de symboles, de lieux, de monuments, d'événements qui trouve un sens et une signification dans l'édification progressive de la civilisation singulière de la France".

Autorité à deux vitesses

Pour François Fillon, il y a une nette distinction entre public et privé. Pour le public, celui qui fut Premier ministre durant tout le quinquennat de Nicolas Sarkozy envisage que "les familles soient placées devant leur responsabilité éducative et sanctionnées quand elles se montrent incapables de faire rentrer leurs enfants le soir à la maison et de les envoyer le matin à l'école". Par contre, pour ce qui est du privé, François Fillon est nettement moins rude : il mettra fin à la carte scolaire pour rétablir "la liberté pour les parents de choisir l’école de leurs enfants", et défendra "la liberté scolaire en permettant la création de nouvelles écoles privées à condition qu'elles respectent nos valeurs communes".


Ces dernières propositions sont les suivantes : "mettre fin dès la rentrée de 2017 aux enseignements de langues et de culture d'origine (...) dont les enseignants sont choisis et payés par des pays étrangers". et "commencer la scolarité obligatoire à 5 ans au lieu de 6, pour donner une année de plus à l'apprentissage de la lecture". Dans la course à l'investiture républicaine, François Fillon est en position. En attendant, selon son propre slogan, de "casser la baraque".

"Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?"

 : C'est la question qu'a lancée François Fillon lors de son meeting, taclant Nicolas Sarkozy sur les nombreuses affaires judiciaires le concernant. A plusieurs reprises, il a attaqué directement l'ex-président, sans le mentionner. François Fillon continue : "Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable [...] Avoir une haute idée de la politique signifie que ceux qui briguent la confiance des Français doivent en être dignes. Ceux qui ne respectent pas les lois de la République ne devraient pas pouvoir se présenter devant les électeurs."

 : Il en a aussi profité pour se démarquer de Nicolas Sarkozy sur les questions de sécurité. "L'élection présidentielle ne peut pas se réduire aux enjeux sécuritaires pour mieux oublier les 6 millions de chômeurs et les 2.000 milliards de dettes", a ainsi affirmé François Fillon, ajoutant : "Non, enfermer des dizaines de milliers de suspects sans contrôle et sans jugement ne réduira pas le risque d’attentat mais l’aggravera [...] Non, l’Etat de droit n’est pas un obstacle à la lutte contre le terrorisme, c’est au contraire la meilleure arme contre les totalitaires qui en veulent à nos libertés." On gage que Nicolas Sarkozy appréciera.

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"Qui imagine le général de Gaulle mis en examen?" lance Fillon en visant Sarkozy

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