François Hollande dessine une France à 14 régions

François Hollande dessine une France à 14 régions

DECENTRALISATION - Le président François Hollande a proposé lundi de changer complètement l'organisation territoriale du pays en réduisant de 22 à 14 le nombre des régions et de réformer la Constitution pour supprimer les conseils généraux en 2020.

François Hollande a tranché. Après plusieurs semaines de tergiversations, le chef de l'Etat a annoncé le passage de 22 à 14 régions métropolitaines, dans le cadre du projet de réforme territoriale du gouvernement. L'ambition n'est ni plus ni moins que de "transformer pour plusieurs décennies l'architecture territoriale de la République", écrit mardi le chef de l'Etat dans une tribune adressée à la presse régionale pour justifier ce chambardement.

Dans le détail, seules les régions Aquitaine, Nord-Pas-de-Calais, Corse, Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d'Azur sont épargnées. Le projet de réforme prévoit le rapprochement des régions Alsace et Lorraine, ainsi que la fusion de la Picardie et de la Champagne-Ardenne. La Basse-Normandie rejoint la Haute. Auvergne et Rhône-Alpes vont également être réunis, tout comme la Bourgogne et la Franche-Comté, ainsi que Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon. Des jumelages prévisibles, mais qui n'ont pas empêché François Hollande de réserver quelques surprises.

Mic-mac autour des Pays-de-la-Loire

L'exécutif a en effet longtemps  planché sur une "douzaine" de super-régions. Comment expliquer ce basculement à 14 ? Au Nord, la Picardie était promise à une fusion avec le Nord-Pas-de-Calais. Surprise : elle intègre la Champagne-Ardenne qui, elle, devait rejoindre l'Alsace et la Lorraine pour un triumvirat. A l'Ouest, la partie s'est jouée autour des Pays-de-la-Loire. Fallait-il les rattacher au voisin ou plus au sud, avec le Poitou-Charentes ?

Refusant un découpage de sa région, le président du Conseil régional des Pays de la Loire Jacques Auxiette avait lancé l'idée d'une fusion de sa région avec le Poitou-Charente. Une idée défendue par Ségolène Royal, son ancienne présidente. Lundi après midi, Jacques Auxiette a grillé la priorité au chef de l'Etat , annonçant la fusion de sa région avec – seulement – le Poitou. De son coté, Jean-Marc Ayrault, s'est prononcé pour une fusion Pays de la Loire-Bretagne. Finalement, François Hollande a tranché cet épineux dossier... sans trancher : la Bretagne reste seule, de même que les Pays-de-la-Loire.

Un défi lancé à la droite

Dans sa tribune intitulée "Réformer les territoires pour réformer la France", le chef de l'Etat préconise aussi un changement du calendrier électoral. Les élections des conseils généraux (désormais appelés conseils départementaux) auraient lieu en même temps que les élections régionales. Elles se dérouleront à l'automne 2015, soit six mois plus tard que dans le calendrier déjà arrêté.

François Hollande dit vouloir "aller vite" sur ce sujet qui nécessite un vote du parlement. Contrairement à ce que le gouvernement avait annoncé, c'est finalement la voie d'une révision constitutionnelle qu'il veut emprunter pour la réforme des départements. La réussite de l'opération est néanmoins très incertaine : pour réviser la loi fondamentale, il faut une majorité des 3/5es au parlement, ce dont la gauche ne dispose pas. "Je veux croire qu'une majorité politique nette se dessinera" en ce sens, ajoute le président de la République, entre prudence et défi lancé à la droite.

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