François Hollande et la "trahison" des fontionnaires

Politique
DirectLCI
MANIFESTATION – Les fonctionnaires sont appelés à faire grève jeudi pour une grande journée d'action. Traditionnellement favorables à la gauche, les cinq millions d'agents sont aujourd'hui à bout de nerfs. Et pour cause. Depuis deux ans, ils ont vu leurs espoirs douchés par l'Elysée.

Ils ont bien vite déchanté. A l'occasion du deuxième anniversaire de l'arrivée de François Hollande à l'Elysée, les fonctionnaires se sont donné rendez-vous dans la rue jeudi, pour une grande journée de mobilisation. C'est une première dans ce quinquennat : sept syndicats ont lancé un appel commun aux plus de 5 millions d'agents de la fonction publique pour dénoncer la baisse de leur pouvoir d'achat et le gel de leurs salaires. Un rassemblement qui marque un point de rupture entre le chef d'Etat socialiste et ceux qui l'ont massivement soutenu lors de la présidentielle.

Il faut dire qu'en deux ans, l'espoir a vite fait place à la déception. Et la colère. Quand, en mai 2012, François Hollande à peine investi flatte la "fonction publique de grande qualité", les agents sentent le vent tourner. Fini le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux ou la révision générale de politiques publiques (RGPP), deux lois honnies de Nicolas Sarkozy. Il est alors question de créations de postes et de revalorisation salariale. Mais dès le mois de juin, les choses se compliquent : rattrapé par l'austérité, le gouvernement annonce "un grand moment de rigueur", pour les fonctionnaires. En janvier 2014, le discours a bien changé : il faut réformer l'Etat "trop lourd, trop lent, trop cher", assène cette fois François Hollande.

"La situation est devenue insupportable"

"La situation, difficile depuis plusieurs années, est devenue insupportable, s'indigne pour metronews Brigitte Jumel, secrétaire générale de la fédération des fonctionnaires de la CFDT. François Hollande a choisi de prioriser les ministères (éducation, police, justice, ndlr). Certes, on n'est plus sur le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux de Nicolas Sarkozy, mais dans les ministères non-prioritaires, la saignée a été presque plus importante qu'avant !" Quant à "la future réforme sur la modernisation de la fonction publique de Hollande, les fonctionnaires ne comprennent pas : pour eux, c'est une nouvelle RGPP".

Le coup de grâce fut donné par Manuel Valls  le mois dernier : le point d'indice, qui sert de base au calcul de leur rémunération, sera gelé jusqu'en 2017, a-t-il confirmé. "Une annonce inacceptable", s'agace Brigitte Jumel, qui espère que la journée de jeudi servira de "déclic" pour le gouvernement. Sans quoi la majorité de gauche pourrait faire face au grand retournement de la fonction publique.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter