Mandat présidentiel : "7 ans, c'était trop long", mais "5 ans c'est trop court", estime François Hollande

Politique

INSTITUTIONS - Dans un livre à paraître ce mercredi 22 octobre, l'ancien président de la République plaide pour la mise en place d'un "régime présidentiel" à l'américaine, avec suppression du Premier ministre et pouvoirs accrus pour le Parlement. Il souhaite également que le chef de l'Etat soit élu pour six ans.

Un nouveau livre pour François Hollande. Ce mercredi 22 octobre, sortira Répondre à la crise démocratique, dans lequel l'ancien chef de l'Etat fait part de sa réflexion sur les institutions, et plaide pour la mise en place d'un "véritable régime présidentiel", avec suppression du Premier ministre et pouvoirs accrus du Parlement.

"Qui peut nier le malaise qui s'est installé dans la démocratie ?" écrit l'ancien Président en préface de son ouvrage, qu'a pu lire l'AFP. "Notre Constitution est ambivalente, à la fois présidentielle et parlementaire. En réalité, elle n'est ni l'un ni l'autre. Être dans l'entre-deux n'est ni bon pour le Parlement qui est structurellement affaibli, ni pour le Président qui devient responsable de tout" argumente François Hollande dans une interview accordée au Parisien et publiée lundi soir sur leur site. 

"Deux options s'ouvrent. Soit aller vers un régime parlementaire. (...) Cette solution n'est pas acceptable démocratiquement car les Français restent très attachés à l'élection du président au suffrage universel, elle n'est pas non plus conforme à un pays comme la France qui doit être en mesure d'affronter des crises. Pour être intervenu comme je l'ai fait au Mali et en Syrie, pour avoir surmonté l'épreuve des attentats, je sais ce que représente la prérogative présidentielle de devoir agir et agir vite."

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"Le quinquennat a une part de responsabilité dans cette décomposition", écrit l'ancien chef de l'Etat, qui propose d'allonger d'une année la durée du mandat présidentiel, six ans renouvelables une fois, et de réduire à quatre ans celui des parlementaires. "Sept ans, c'était trop long", explique François Hollande au Parisien, mais "cinq ans, c'est trop court. Comment admettre qu'un président de la République ait un mandat plus court qu'un président de conseil régional ou un maire qui l'est pour six ans ? Je n'ose pas dire qu'en six ans les résultats de ma politique économique auraient été sans doute plus visibles." 

Rapprocher les élections locales en un seul scrutin

Dans l'interview donnée au quotidien, François Hollande propose également "de rapprocher toutes les élections locales en un seul scrutin". Ces réformes pourront "donner du rythme à la démocratie", et permettre "aux citoyens d'être consultés dans le cours du mandat présidentiel".

Avec cette réforme, "le président ne nomme plus un Premier ministre mais une équipe dont il est le chef" et, "en revanche, puisque le gouvernement n'est plus responsable devant l'Assemblée nationale, le président perd son droit de dissolution". Et l'article 49.3, qui permet de faire passer des projets de loi sans vote au Parlement, "n'a plus de raison d'être". En échange, "le Parlement verrait son rôle accru, notamment sur le plan législatif et budgétaire". Son pouvoir d'investigation, d'évaluation et d'initiative serait élargi, les contraintes pesant sur le droit d'amendement levées et la procédure législative allégée et raccourcie. 

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Ces transformations ne pourraient toutefois éviter une éventuelle cohabitation entre un président et une assemblée hostiles. "Elle ne se situerait pas au sein de l'exécutif", argue l'ancien président, "mais entre l'exécutif et le législatif, le conflit ne pourrait alors se régler autrement que par le compromis". "Les institutions réformées comme je le propose conduiraient les partis à reprendre une place importante dans le débat public", souligne-t-il. "Il faut revenir à des familles politiques qui suscitent l'espoir", estime également François Hollande, qui se prononce "contre la proportionnelle". 

2022 en ligne de mire ?

"Ces propositions, c'est votre programme de retour ?" ont demandé les journalistes du Parisien à l'ancien président de la République. "Si je peux être utile, dans cette période, c'est en faisant des propositions, et je commence aujourd'hui par les institutions", a répondu François Hollande, qui montre encore un peu plus son envie de repartir en campagne.

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