François Hollande : un président de la République peut-il être célibataire ?

François Hollande : un président de la République peut-il être célibataire ?

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RUPTURE HOLLANDE TRIERWEILER - François Hollande vient d'officialiser sa rupture avec Valérie Trierweiler. C'est donc un président (officiellement) célibataire qui réside désormais à l'Elysée. Reste à voir quel impact cette rupture pourrait avoir sur la fin de son quinquennat.

"J'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler". En quelques mots, samedi soir, François Hollande a tourné une page importante de sa vie privée, après sept ans de vie commune avec celle qu'il présentait en 2010 comme "la femme de sa vie". Mais c'est aussi une nouvelle séquence qui s'ouvre à l’Élysée. Celle d'un président (officiellement) célibataire.

C'est donc seul qu'il ira en visite en Turquie lundi ou qu'il se rendra à Washington le mois prochain, invité par Barack Obama qui se disait, en son nom et celui de son épouse Michelle, impatient d'accueillir le couple à la Maison Blanche. L'absence de Valérie Trierweiler n'entraînera cependant aucune conséquence protocolaire particulière : la première dame n'a en effet aucun statut juridique, de ce côté ou de l'autre de l'Atlantique.

Plus de première dame à l'Elysée

Au Palais, il n'y a déjà plus de trace de la "first Lady". C'est en "voyage privé" que Valerie Trierweiler est arrivée en Inde ce dimanche. A son retour, elle n'aura plus de service de sécurité, ni de cabinet. Sa page a déjà été effacée du site de l'Elysée, tout comme le compte twitter chargé de son actualité. L'"aile Madame" du Château n'a pas connu tel vide depuis longtemps.

Hormis René Coty, qui s'est retrouvé veuf un an seulement après avoir été élu en 1954, il faut en effet remonter à 1924 et à Gaston Doumergue pour trouver un président seul à l'Elysée. Ce dernier ne s'était marié que douze jours avant la fin de son mandat. Avant lui, Napoléon III l'était resté tout du long, entre 1848 et 1852. Le cas de Nicolas Sarkozy est à part : après l'officialisation de son divorce avec Cécilia en octobre 2007, ce dernier s'était empressé d'annoncer son nouveau mariage avec Carla Bruni... moins de quatre mois plus tard. Et une nouvelle première dame entrait au Château.

Un "single president", est-ce si grave ?

Pas sûr que François Hollande lui emboîte le pas. Le "Gayetgate" et le départ à grand fracas de Valérie Trierweiler interrogent en effet sur la nécessité de l'existence même du statut de première dame. Une tradition assez récente, attachée à un modèle familial patriarcal, qui plus est coûteuse pour l'Etat (400.000 euros par an).

Avoir un "single president" en France, d'ailleurs, serait-ce si différent ? A l'étranger, la situation n'est pas inédite. Evo Morales en Bolivie ou le Premier ministre hollandais Mark Rutte sont célibataires. D'autres ont divorcé, comme la présidente du Brésil, Dilma Roussef, la Chilienne Michelle Bachelet et plus récemment, Vladimir Poutine. Et en Allemagne, l'époux d'Angela Merkel, Joachim Sauer, surnommé le "fantôme" par la presse allemande, semble lui s’accommoder de n'avoir tout bonnement aucun statut.

À l'issue de sa conférence de presse du 14 janvier, devant une poignée de journalistes, François Hollande avait d'ailleurs donné le ton, en plein "Gayetgate", affirmant qu'il ne voulait plus "qu'il y ait de première dame, à l'avenir, à l'Elysée". Après avoir été le premier Président de la Ve République à rentrer avec une concubine au Palais, François Hollande pourrait donc bien être aussi le premier à en repartir célibataire. Et si c'était cela, au final, la présidence normale ?

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