Fronde anti-juge Gentil : Guaino alimente la polémique

Fronde anti-juge Gentil : Guaino alimente la polémique

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JUSTICE - Après qu'une centaine d'élus UMP a annoncé soutenir les propos offensifs d'Henri Guaino à l'attention du juge Gentil, l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy a ravivé les débats en indiquant qu'il ne répondra pas aux questions des policiers dans le cadre de l'enquête ouverte pour "outrage à magistrat". Dimanche, les réactions politiques se sont multipliées.

Henri Guaino repasse à l'offensive. Soutenu par 105 députés de son camp qui, dans une lettre ouverte envoyée au procureur de Paris, endossent ses propos offensifs à l'encontre du juge Gentil, l'ancien conseiller de Nicolas Sakozy a assuré qu'il "n'avait pas l'intention de répondre aux questions" des enquêteurs. "À moins qu'on y aille à 100 députés", a-t-il renchéri.

"Je ne suis pas convoqué parce que j'ai commis une infraction du Code de la route ou parce que j'ai un compte en Suisse. Je serai convoqué pour un délit d'opinion et ce délit n'existe pas", s'est défendu Henri Guaino, invité dimanche de l'émission C Politique sur France 5. "Si le procureur estime qu'il y a un délit, j'irai devant le tribunal. Mon but, c'est de susciter un débat."

Sarkozy comme le capitaine Dreyfus ?

Et pour justifier sa démarche, le député des Yvelines s'est emparé de l'Histoire, poussant même la comparaison avec la célèbre affaire Dreyfus. "Celui qui avait déshonoré l'armée, ce n'était pas Zola qui contestait l'autorité de la chose jugée, c'était le juge qui avait condamné un innocent", a-t-il rappelé, en guise de parallèle avec la situation de Nicolas Sarkozy dans l'affaire Bettencourt.

Depuis mars dernier, l'ancienne "plume" de l'ex-président est visée par une plainte de l'Union syndicale des magistrats (USM) pour "outrage à magistrat et discrédit jeté sur une décision de justice". Le député des Yvelines avait qualifié de "décision grotesque" la mise en examen de Nicolas Sarkozy par le juge Jean-Michel Gentil dans le cadre de l'affaire Bettencourt. "Il a déshonoré un homme, les institutions, la justice" avec une décision "irresponsable", avait-il ajouté.

NKM prône la "retenue"

L'action des 105 élus UMP a été vivement critiquée, dimanche, par les responsables politiques. "Je n'aurais pas signé ce texte", a indiqué Marine Le Pen sur Europe 1, estimant que "si M. Guaino considère qu'il a raison, il [doit] aller devant la justice exprimer sa défense". Jean-Christophe Cambadélis, député PS, a pour sa part jugé, sur Radio J, que c'était tout l'UMP qui était "en train de déraper" et de "porter atteinte à l'unité de notre République". "Il s'agit d'une pression sur la justice, cette pétition vise à interdire qu'elle fasse son travail, a-t-il poursuivi. Ça, on ne peut le tolérer."

Dimanche, à la mi-journée, c'est Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP de l'Essonne et candidate à la mairie de Paris, qui a prôné une nécessaire "retenue" des politiques vis-à-vis de la justice, pour se justifier de ne pas avoir signé la pétition. "On est jugés de toute façon de manière personnelle et je ne suis pas très convaincue par l'idée de cette lettre collective", a-t-elle expliqué sur Canal+. Elle assure néanmoins s'accorder avec Henri Guaino sur le fond, estimant que le parlementaire peut faire valoir sa liberté d'opinion.

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