Fuites sur la réforme du code du travail : après sa plainte pour "vol et recel", le ministère du Travail met de l'eau dans son vin

PROCÉDURE - Le ministère du Travail a retiré sa plainte le qualificatif de "recel", suite aux fuites dans la presse de documents portant sur la réforme du code du travail. La plainte pour vol, en revanche, est toujours d'actualité.

Quelques jours après le dépôt d'une plainte contre X pour vol et recel de documents ayant trait à la réforme du code du travail, le ministère du Travail mettrait-il de l'eau dans son vin ? C'est ce qu'on pourrait penser, alors que le ministère du Travail a abandonné sa plainte pour recel, a appris LCI auprès de l'entourage de la ministre, Muriel Pénicaud. Un abandon qui implique que la plainte ne vise plus indirectement Libération et Le Parisien, deux journaux qui avaient publié des documents sur la future réforme.


Au vu de l'explosivité du dossier, ces fuites ne pouvaient pas apaiser le débat. Le Parisien faisait état de huit ordonnances, renvoyant notamment au plus près des entreprises les négociations autour de l'organisation du temps de travail et laissant la porte ouverte à ce que les contrats de travail et leurs conditions soient négociées à ce niveau. Libé, de son côté, laissait par exemple entendre que les conditions du travail de nuit pourraient être bouleversées. Des pistes au ton nettement plus libéral que le projet proposé par le gouvernement, et qui auraient le don d'énerver les syndicats, alors que le gouvernement fait assaut de promesses de concertation avec les partenaires sociaux dans la préparation de ces ordonnances.

La presse épargnée, mais les sources...

Après avoir clamé que "le document publié par Le Parisien [n'émanait] pas du gouvernement", Muriel Pénicaud avait justifié sa plainte sur France Info en expliquant que la fuite portait "à l'honneur et l'intégrité de toute l'administration. Ce sont quelques personnes qui ont enfreint la loi, le secret professionnel, qui ont volé ou divulgué des documents". La presse dans son ensemble, et Libé en particulier, concernés par la partie "recel" de la plainte, s'était indignée de cette "répression judiciaire", le patron du quotidien Laurent Joffrin accusant même la ministre de confondre "Danone et la République".


Face à cette levée de boucliers, le Premier ministre Edouard Philippe avait assuré sur France Info que ce n'était pas la presse qui était visée mais les fonctionnaires et "leur devoir de réserve". A l'entendre, ce n'était "en aucun cas un message dirigé contre la presse. Il ne s'agit pas de brimer la presse mais je dis aux fonctionnaires qu'ils doivent respecter leur devoir de loyauté." 

Une communication soft qui vient répondre à une partie de la question en mettant de côté la presse, sans toutefois résoudre le souci de la protection des sources. En effet, le ministère est toujours à la recherche de la ou des personnes qui ont fait fuiter les documents de la discorde dans la presse.

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