Gaspard Gantzer : "Hollande ne dit rien de négatif sur Macron"

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ON FAIT LE BILAN - L’ancien conseiller en communication de François Hollande, Gaspard Gantzer, a récemment déjeuné avec l’ex-président, qui prend le temps de digérer ses cinq années passées à l’Élysée. Invité sur LCI, il a assuré ce jeudi que l’ancien chef de l’État était "très respectueux de son successeur".

Pendant trois ans, d’avril 2014 à mai 2017, Gaspard Gantzer fut l’un des plus proches collaborateurs de François Hollande. En charge de la communication présidentielle – une mission quasi sacerdotale –, il a assisté depuis l’Élysée à son retrait progressif du pouvoir. De la décision de ne pas briguer à un second mandat jusqu’au départ du palais présidentiel, Gaspard Gantzer a pu constater à quel point cette mise à l’écart n’avait rien de volontaire de la part de François Hollande et surtout à quel point elle a pu le faire souffrir.


Invité sur LCI ce jeudi, le jeune communiquant de 37 ans confie être resté en contact avec l’ancien locataire de l’Élysée. "On ne peut pas rayer d'un trait de plume trois ans de travail en commun. On se parle, on se voit, on a déjeuné ensemble la semaine dernière". Deux mois après la victoire d’Emmanuel Macron, François Hollande cherche encore les repères de sa nouvelle vie. "Il se repose, il réfléchit, il lit", souligne Gaspard Gantzer, qui juge opportun que l’ancien président ait "l'intelligence de rester en hauteur et de ne pas participer au débat public tous les jours". 


Et que pense-t-il de ce début de quinquennat ? "Il ne dit rien de négatif parce qu'il est très respectueux de son successeur. Je ne sais pas ce qu'il pense en la matière", jure-t-il sans toutefois s’empêcher d’esquisser un sourire.

S’il refuse de regarder le passé avec amertume, Gaspard Gantzer se rappelle à quel point l’ex-chef de l’État "a été très largement éprouvé par ce quinquennat. "Évidemment il y a eu les attentats, mais aussi par ce procès en trahison d'une partie de la gauche particulièrement injuste et surtout absurde qui a conduit la gauche dans le mur et le PS à faire un score absolument catastrophique aux législatives et à la présidentielle". Et "si une partie des socialistes s'étaient conduits autrement pendant le quinquennat, on n'en serait pas arrivé là", veut croire Gaspard Gantzer, sans nommer explicitement les frondeurs. 


Proche d’Emmanuel Macron (il fut son camarade à l’ENA et a assisté à son mariage), il observe avec bienveillance les débuts du nouveau président. "Je souhaite que les fruits tiennent la promesse des fleurs", dit Gaspard Gantzer. Il regrette toutefois la décision élyséenne d’annuler la traditionnelle interview du 14 juillet. "Je crois qu'il faut des rites politiques et médiatiques. […] Il aurait pu innover avec cette interview, peut-être l'ouvrir à d'autres chaines mais c'est un rendez-vous auquel les Français tiennent. Il aurait mieux fait de la maintenir", estime le communiquant.

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