Gaz de schiste, nucléaire, taxe carbone : que va faire Ségolène Royal ?

Gaz de schiste, nucléaire, taxe carbone : que va faire Ségolène Royal ?

Politique
DirectLCI
POLITIQUE – Nommée ministre de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie, Ségolène Royal n'est pas une novice en matière d'environnement. Mais quelles sont ses positions sur les grands sujets qui vont agiter son ministère ces prochains moins ? Réponse en six points.

Ségolène Royal est donc devenue la n°3 du gouvernement en remportant le portefeuille de l'Ecologie, du Développement durable et de l'Energie. Une demi-surprise, alors que l'ex de François Hollande avait déjà occupé ce poste en 1992, sous le gouvernement Beregovoy. Vingt ans plus tard, la donne a changé, les sujets environnementaux aussi. Gaz de schiste, nucléaire, taxe carbone ou Notre-Dame-des-Landes, quelles sont les positions de la nouvelle ministre sur ces épineux sujets d'actualité verte et sociétale ?

La "social-écologie"
Tout comme Hollande a pris le virage de la social-démocratie, Ségolène Royal prône la "social-écologie": elle veut faire de la croissance verte un "un levier de sortie de crise" combiné à un "nouveau modèle social" qui "remet du bien-être et de l'humain dans l'économie". En 2011, en pleine primaire socialiste pour l'investiture à la présidentielle, elle avait déclaré qu'elle souhaitait voir la France "devenir la première puissance écologique d'Europe dans le domaine des énergies renouvelables".

Le nucléaire, "une énergie d'appoint"
Sans être pour l'arrêt définitif du nucléaire, Ségolène Royal souhaite néanmoins voir cette énergie devenir petit à petit marginale, et en faire une "énergie d'appoint". Lors de la primaire, elle voulait une sortie du nucléaire à une échéance de 40 ans maximum et une réduction de la part de nucléaire de 50 % de la production d'électricité d'ici à 20 ans. Elle souhaite également l'abandon de la construction du futur réacteur EPR de Flamanville et de celui de Penly, ainsi que de tout projet de stockage de déchets nucléaires en grande profondeur.

Ni pour ni contre le gaz de schiste
L'extraction par fracturation hydraulique du gaz de schiste est décriée par de nombreux écologistes pour ses effets dévastateurs sur l'environnement. Ségolène Royal n'est pas pour non plus, mais elle se veut plus nuancer. En 2011, elle se déclarait ainsi "favorable à l'interdiction" de l'extraction du gaz de schiste tant que "la maîtrise" de cette exploitation "n'est pas garantie". Ne fermant pas la porte à une exploitation par "les générations futures", elle jugeait "nécessaire de poursuivre la recherche sur les procédés d'extraction propres à long terme".

La taxe carbone, un "impôt absurde, injuste, décalé"
Elle y est farouchement opposée depuis 2009, quand Nicolas Sarkozy et Nicolas Hulot, l'initiateur de cette taxe sur les énergies polluantes, l'avaient proposé. Ségolène Royal avait alors dénoncé un "impôt absurde, un impôt injuste, un impôt historiquement décalé dans le temps", trop pénalisant pour les ménages modestes. En août dernier, Philippe Martin, alors en poste à l'écologie, avait relancé un projet de taxe carbone, que Ségolène Royal avait de nouveau fustigé. Il faudra pourtant qu'elle s'y fasse : la taxe carbone devrait être adoptée à l'automne.

Contre la pollution, l'alternance des plaques d'immatriculation
Quant à une hausse de la fiscalité sur le diesel, il n'en est pas question pour la nouvelle ministre de l'Ecologie : "On a encouragé les Français pendant des années à acheter des voitures diesel, on ne va pas du jour au lendemain leur taper sur la tête avec un impôt supplémentaire", disait-elle en mars 2013. Pour lutter contre la pollution atmosphérique liée au transport, elle se positionne plutôt en faveur de l'alternance de la circulation basée sur les plaques d'immatriculation, qui a déjà montré de bons résultats .

Notre-Dame-des-Landes, "trouver un site moins nuisible"
Les opposants au projet de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, largement voulu par le Premier ministre déchu Jean-Marc Ayrault, l'ont à la bonne. En 2011, elle avait appelé à "une nouvelle enquête d'utilité publique" sur le projet de futur aéroport nantais, évoquant la possibilité de "trouver un site moins nuisible et moins fragile" que celui de Notre-Dame-des-Landes. En mai 2013, elle estimait que la construction de l'aéroport serait "très difficile à faire" .

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter