Genre à l'école : quand Nadine Morano perd ses nerfs après un article de metronews

Genre à l'école : quand Nadine Morano perd ses nerfs après un article de metronews

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CLASH - Réagissant, comme c'est son droit, à un article de metronews pointant un revirement dans son discours sur la lutte contre les stéréotypes à l'école, Nadine Morano a refusé de discuter calmement du fond. Dénonçant "l'apprentissage de la sexualité" introduit par l'actuel gouvernement dans les écoles, elle accuse le journal qui la contredit de "manipulation". Récit.

Aucun politique n'aime qu'on lui mette le nez dans ses contradictions. Nadine Morano n'échappe pas à la règle. Une heure et demi après la parution d'un article de metronews pointant l'évolution de son discours sur les questions de genre à l'école entre 2011 et aujourd'hui, l'ex-ministre UMP s'est fendue d'un tweet dénonçant une "manipulation" de la part du journal.

"J'ai toujours été favorable à la lutte contre les stéréotypes mais pas à l'amalgame fait avec 'Tous à poil'", précise - toujours sur Twitter - la conseillère régionale de Lorraine. Une référence au désormais fameux livre pour enfants descendu en flammes par le patron de l'UMP, Jean-François Copé. Auteur de l'article en question, je lui fais alors remarquer que les 78 minutes de l'émission "Mots Croisés", lundi sur France 2 (à laquelle je faisais référence), n'étaient pas consacrées uniquement à ce livre, et que c'est bien l'ensemble du projet gouvernemental qu'elle y dénonçait. Rendez-vous est pris - et bienvenu - au téléphone, pour une explication de vive voix. Au sens propre...

"N'écrivez pas que j'ai retourné ma veste"

D'abord relativement calme bien que tendu, l'échange téléphonique s'engage sur les actions menées par Nadine Morano quand elle était ministre de la Famille de Nicolas Sarkozy. "Je me suis moi-même engagée dans la lutte contre les stéréotypes", rappelle-t-elle vivement, ce que je confirmais dans l'article en citant ses propos tenus en 2011. Au nombre de ses actions, l'ex-ministre explique qu'elle a soutenu toutes les initiatives visant à rendre les jeux accessibles, en crèche, à la fois aux garçons et aux filles, sans distinction de genre. Elle affirme également avoir "engagé des démarches avec les distributeurs pour supprimer les rayons de jouets filles/garçons dans les supermarchés". Dont acte.

Mais quand je relève que l'esprit de ces actions correspond au projet ( les "ABCD de l'égalité" ) défendu face à elle lundi par l'actuelle ministre du Droit des femmes, Najat Vallaud-Belkacem , Nadine Morano sort de ses gonds. Et s'engage dans un monologue de plusieurs minutes, littéralement vociféré dans son combiné. "On n'a pas à apprendre à des enfants de maternelle, sous couvert de l’enseignement de l'égalité, la sexualité !", s'emporte Nadine Morano. Persistant, contre toute évidence, à entretenir l'amalgame entre le projet du gouvernement et un supposé apprentissage de la sexualité aux enfants, qui n'y figure pas.

"N'écrivez pas que j'ai retourné ma veste", assène néanmoins à deux reprises Nadine Morano, qui m'accuse de "mentir", de lui "manquer de respect" et se fait menaçante : "Moi aussi j'ai une puissance de frappe, ok ?" Je lui redis alors, dans une courte accalmie, que la volte-face pointée portait notamment sur un élément précis : alors qu'elle prônait en 2011 la lutte contre les stéréotypes dès la crèche, elle a lancé lundi à Najat Vallaud-Belkacem que son projet n'avait rien à faire "en primaire et en maternelle". Mais l'ex-ministre refuse d'éclaircir cette contradiction. Et de repartir dans les invectives, et les décibels : "C'est de la manipulation, vous êtes un journaliste engagé et c'est tout ! (...) Continuez à faire la pub de Najat Vallaud-Belkacem, c'est votre truc. Ciao."

L'échange sur Twitter qui a précédé l'entretien téléphonique :

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