Non, Orwell n'a pas prédit qu'"en dehors du travail, tout sera interdit"

Nicolas Dupont-Aignan, tweete une fausse phrase de George Orwell au lendemain de l'annonce d'un couvre-feu dans certaines zones de France

INFOX - Quelques heures après l'annonce d'un couvre-feu dans huit métropoles et en Île-de-France, de nombreux internautes et élus, dont Nicolas Dupont-Aignan, ont tweeté une phrase faussement attribuée à l'auteur du roman "1984".

"En dehors du travail, tout sera interdit… Marcher dans les rues, se distraire, chanter, danser..." Cette phrase serait extraite de 1984, cette célèbre fiction dystopique écrite par George Orwell. C'est en tout cas ce qui se dit sur les réseaux sociaux depuis le discours d'Emmanuel Macron ce mercredi 14 octobre annonçant un couvre-feu dans plusieurs zones de France. Partagée par des syndicats, mais aussi par des élus de gauche comme de droite, l'œuvre d'anticipation est utilisée pour illustrer la situation actuelle. Si bien que le nom de l'auteur a même fait son apparition dans les "tendances" de Twitter. 

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Une phrase inventée de toute pièce

Pourtant, elle est totalement erronée. Nous avons en effet parcouru le roman, facilement accessible en ligne. Et n'avons trouvé aucune trace de cette citation. Une simple recherche montre en effet que les mots "en dehors" - qui débutent la prétendue citation - ne sont écrits que douze fois. Et ils ne parlent jamais du travail dans le même paragraphe. Le mot "danser" ou "distraire" n'est, quant à lui, jamais écrit. Quant au fait de "chanter", c'était, dans cette société totalitaire imaginée par l'auteur, tout à fait légal. Pour preuve, cet extrait dans lequel le personnage principal, Winston Smith, regarde distraitement sa cour où une femme chante. La fausse citation a toutefois été reprise, notamment par Nicolas Dupont-Aignan, chef de file de Debout la France, et partagée 1300 fois ce jeudi matin. Ironique quand on sait que ce livre paru en 1949 parlait notamment du pouvoir de la désinformation.

Alors d'où vient cette phrase qui ferait passer son auteur pour un visionnaire de la situation actuelle? On la retrouve depuis le début de la crise sanitaire, comme dans cette publication d'un groupe de Gilets jaunes, dès le mois d'août. Mais si elle existe sur les réseaux sociaux, même anglophones, la phrase est tout bonnement introuvable dans une quelconque oeuvre littéraire.

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