Gérald Darmanin : "Sans l’insécurité, Marine Le Pen ne serait pas élue"

Gérald Darmanin : "Sans l’insécurité, Marine Le Pen ne serait pas élue"

INTERVIEW – Invité d’Elizabeth Martichoux ce lundi, le ministre de l'Intérieur a répondu à Marine Le Pen, qui avait accusé la veille le gouvernement de ne faire "que de la communication" en matière de sécurité. "Marine Le Pen souhaite l’insécurité", sans laquelle "elle ne serait pas élue", a-t-il rétorqué.

Des petites phrases pour poursuivre le duel. Au lendemain des déclarations de Marine Le Pen sur LCI, qui s’offusquait des "comportements barbares" dans la société et accusait Emmanuel Macron de n’être qu’un "commentateur", Gérald Darmanin a répondu à la présidente du Rassemblement national (RN). "Que Madame Le Pen nous attaque, je le prends comme une Légion d’honneur", a indiqué le ministre de l’Intérieur, invité de l’interview d’Elizabeth Martichoux ce lundi. "Tout mon engagement politique, depuis que j’ai l‘âge de voter, a été contre la famille Le Pen, parce que c’est une PME familiale", a-t-il poursuivi.

Il a notamment accusé Marine Le Pen "d’encourager l’insécurité, parce qu’elle la souhaite". "Sans l’insécurité, Madame Le Pen ne serait pas populaire ou élue", a-t-il rétorqué. "Elle n’a jamais voté les lois du gouvernement qui allaient dans le bon sens : jamais la lutte contre le terrorisme n’a eu son accord", pas plus que "les augmentations d’effectifs dans la police et la gendarmerie."

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"Marine Le Pen est une petite faiseuse et une grande causeuse"

"Ce qui nous intéresse, ce sont ses actes, et en l’occurrence, il n’y a pas grand-monde", a estimé le ministre de l’Intérieur, qui reproche à la candidate à l'élection présidentielle de ne pas honorer son mandat de députée. "Madame Le Pen est membre de la commission des finances, mais comme ministre du Budget, je ne l’ai quasiment jamais vue. Je ne crois pas qu’elle m’ait posé plus d’une question en trois ans sur les grandes questions qui concernent les Français, comme la taxe d’habitation, la vie économique... Elle brillait, c’est vrai, mais par son absence." En ce sens, "elle n’est pas la chef de l’opposition", mais "essaie simplement d’avoir un peu plus de popularité que sa nièce, puisque vous avez compris qu’il y a une bataille" au RN qui "n’intéresse pas les Français."

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Interrogé par Elizabeth Martichoux sur la possibilité de débattre avec elle, Gérald Darmanin s’est dit "à la disposition de tous les responsables politiques" mais "ne lui propose pas un débat". "J’ai eu l’occasion de débattre avec son père et avec elle dans d’autres lieux", a-t-il rappelé. "J’ai constaté, plusieurs fois, au Conseil régional où j’ai siégé, ou à l’Assemblée nationale, qu’elle n’était jamais là", hormis "peut-être le temps de l’intervention provocante et elle repart. Comme on dit dans le Nord, Madame Le Pen est une petite faiseuse et une grande causeuse."

De nouvelles caméras-piétons d'ici juillet 2021

En outre, sur le sujet de la sécurité, Gérald Darmanin a annoncé la mise en place de nouvelles caméras-piétons pour les policiers. "Aujourd'hui, le problème des caméras-piétons est qu'elles ont une charge limitée, la patrouille fait huit heures", mais "la charge entre deux et quatre heures." "Pour l'instant, la consigne est de mettre en marche la caméra lorsqu'il y a une intervention. Mon travail est de trouver de nouvelles caméras qui durent le temps des patrouilles. Tout sera généralisé pour le 1er juillet 2021."

Après un peu plus de deux mois place Beauvau, Gérald Darmanin a également rappelé sa "feuille de route" pour les 18 prochains mois, avec "la lutte contre les stupéfiants" en priorité. "Les drogues sont partout sur le territoire national", a-t-il regretté. "Chaque famille de France connaît quelqu’un qui est désocialisé parce qu’il a fumé trop de cannabis, connaît des accidents de voiture parce qu’il y a de la drogue, ou ne peut pas rentrer chez lui parce qu’il y a un trafic" à proximité.

"La drogue, c'est de la merde"

En plus des "grands trafics internationaux" contre lesquels il veut lutter, le ministre de l’Intérieur monte également au front face à "la consommation courante", contre laquelle il a mis en place une "amende forfaitaire" de 200 euros. Il s’est par ailleurs déclaré "absolument contre la légalisation", qu’il compare à de la "lâcheté intellectuelle". "Nous augmentons courageusement le prix du tabac dans ce gouvernement, nous n’allons pas légaliser la drogue à côté", a-t-il justifié. "Tous les jours, des associations, des parents, des policiers et des élus locaux luttent contre cette merde, parce que la drogue, c’est de la merde", s’est-il emporté. "Nous n’allons pas légaliser cette merde, car elle fait naître la délinquance du quotidien."

Deux jours après la rentrée du mouvement des Gilets jaunes, Gérald Darmanin s’est également satisfait du maintien de l’ordre samedi, notamment à Paris. "Il y a eu 322 interpellations dans toute la France mais singulièrement à Paris", et "202 gardes à vue", a-t-il indiqué. "Il y a eu 9 policiers légèrement blessés. Je veux me féliciter de la bonne tenue de l’ordre public dans notre pays, (...) malgré quelques débordements qu’il faut condamner. Il n’y a même pas eu de tir de la part de la police et de la gendarmerie, ce qui montre que le maintien de l’ordre fonctionne."

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