"Les Verts ont évolué vers l'extrême gauche" : Collomb justifie son alliance surprise avec la droite

"Les Verts ont évolué vers l'extrême gauche" : Collomb justifie son alliance surprise avec la droite
Politique

INTERVIEW - Invité politique ce vendredi 29 mai d'Elizabeth Martichoux sur LCI, l'ancien ministre de l'Intérieur explique sa décision de s'allier au candidat LR de la métropole de Lyon, avant le second tour des élections municipales.

Après vingt ans de règne à Lyon, Gérard Collomb assurera-t-il sa succession en passant le flambeau à la droite ? C'est le pari qu'il tente en s'alliant à LR, contre les Verts, au second tour des élections, tout en renonçant au premier rôle. L'ex-ministre d'Emmanuel Macron tente ainsi une alliance qui le voit s'effacer derrière le candidat de droite François-Noël Buffet pour la stratégique présidence de la métropole : "Lorsque vous présidez une assemblée et que vous regardez votre opposition, il arrive que vous distinguiez quelqu'un dans cette opposition qui vous paraît assez proche de vos thèses et dont vous pensez : 'un jour, j'aimerais bien qu'il soit avec moi'", explique-t-il ce vendredi matin sur LCI. "A chaque fois que je écoutais François-Noël Buffet, je me disais qu'il avait du fond, que ses arguments étaient bons. Je pense qu'il suivra la ligne que j'ai suivie depuis vingt ans et qu'il nous aidera à faire que cette ville de Lyon puisse se reconstruire dans des circonstances exceptionnelles et aller de l'avant"

Une opposition farouche aux Verts

L'objectif consiste à faire barrage aux écologistes, arrivés en tête le 15 mars à la mairie comme à la métropole, véritable centre du pouvoir lyonnais alors que les Verts, alliés au PS en vue du deuxième tour, restent en position favorable : "Ils ont plutôt évolué vers l'extrême gauche" déplore-t-il. "Je les vois avoir des positions qui sont l'inverse de ce que souhaitent les citoyens et de ce qui est nécessaire pour la ville de Lyon." 

Pour autant, que penser de son alliance LR ? Dans un communiqué paru ce jeudi, son ancien premier adjoint Jean-Louis Touraine a estimé que le maire de Lyon a "passé par-dessus bord toutes ses belles convictions" déplorant "une droite qui inclut dans ses rangs des anciens lieutenants de Charles Millon et des adeptes de Sens commun”. Sur ce point, Gérard Collomb se veut rassurant : "Nous allons discuter ensemble, il est évident qu'un certain nombre de personnalités qui seraient sympathisantes de l'extrême droite ne figureront pas sur nos listes". 

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Cette alliance d'un historique avec la droite locale laisse inévitablement la direction de LaREM hautement circonspecte. D'autant que, opposé à toute alliance avec Collomb comme avec la droite, le dissident David Kimelfeld, président sortant du Grand Lyon, aura du mal à rivaliser.

En choisissant de s’allier avec Les Républicains, sous la bénédiction de Laurent Wauquiez, plutôt que d’œuvrer au rassemblement de notre famille politique, Gérard Collomb franchit une ligne rouge. Je ne peux l'accepter. Nous ne troquerons jamais nos valeurs contre un mandat”, a assuré le patron d'En Marche Stanislas Guerini : "J'avais connu la même situation au PS lorsque j'avais soutenu Emmanuel Macron, c'est une situation que je connais" lui répond Gérard Collomb. "J'ai quarante ans de vie politique derrière moi. C'est un moment important dans ma vie et c'est d'une certaine manière une libération [...] Je vais peut-être retrouver un peu de liberté pour ma famille, pour mes amis, pour mes plaisirs."

Taclé par Christophe Castaner

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Successeur de Gérard Collomb au ministère de l'Intérieur, Christophe Castaner a fortement critiqué le choix de Gérard Collomb de s'allier avec la droite LR à Lyon. “Il a perdu les élections municipales au premier tour et je trouve que ce choix politique le perd dans le champ politique. Dans cette attitude il se perd lui-même”, a déclaré le ministre sur RTL ce vendredi. L'ancien ministre de l'Intérieur lui répond : "On pourrait regarder les parcours des uns et des autres, il y en a d'autres dont on pourrait dire qu'ils se sont perdus."

Subsiste une question : qu'en pense le chef de l'Etat en personne ? "Je ne sais pas, j'aurai l'occasion de lui demander" affirme Gérard Collomb, serein, se définissant par ailleurs comme "transgressif" faisant référence à un chef de l'Etat sans étiquette. "Lorsqu'il a démissionné du gouvernement, il a fallu qu'il s'y reprenne à deux fois parce qu'il avait bien conscience, à un moment donné, qu'il il y avait une ligne rouge qui était franchie et par rapport à François Hollande, il faisait un acte qui était porteur pour l'avenir mais qui finissait aussi une histoire."

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