Gérard Larcher assure qu'il "ignorait" la présence d'un buste d'Hitler et d'un drapeau nazi dans les réserves du Sénat

Politique

HISTOIRE - Le Monde a révélé mardi 3 septembre la présence d'un buste d'Adolf Hitler et d'un drapeau nazi, stigmates de l'Occupation allemande, non répertoriés au sein des archives du Sénat. Lors d'une conférence de presse, le lendemain, le président du Sénat Gérard Larcher a indiqué qu'il avait demandé "des recherches approfondies" sur ce sujet.

Une révélation insolite agite le Sénat depuis ce mardi. Le Monde a en effet révélé dans une longue enquête qu'un buste de 35 cm représentant Adolf Hitler ainsi qu'un drapeau nazi avaient été conservés depuis la Seconde Guerre mondiale dans les réserves du Palais du Luxembourg, stigmate de l'Occupation nazie qui y avait installé l'état-major de l'armée de l'air allemande entre 1940 et 1944. Le site a été libéré comme l'ensemble de la capitale, le 25 août 1944.

Le buste d'Hitler en question restait caché depuis tout ce temps dans les sous-sols, simplement recouvert d'un drap pourpre. Selon l'enquête du Monde, seuls quelques initiés savaient également que le personnel du Sénat avait, encore récemment, travaillé sur des bureaux décorés de l'aigle du IIIe Reich. Des reliques nazies dont les parlementaires n'avaient manifestement pas connaissance. 

Recherches "approfondies"

Interrogé à ce sujet, mercredi, lors d'une conférence de presse, le président du Sénat Gérard Larcher a indiqué qu'il "ignorait la présence de ce buste". "J'ai demandé à la questure d'approfondir les recherches sur l'ensemble des objets", a-t-il indiqué. "Ils n'étaient pas répertoriés, sauf un drapeau... Ils auraient mieux fait d'être répertoriés", a reconnu le patron du Sénat, qui souhaite "un travail en profondeur et en même temps une réflexion sur cette période". 

Gérard Larcher a indiqué que le Sénat était un lieu qui avait accueilli "pendant quatre ans" des maréchaux allemands, citant notamment Hugo Sperrle, numéro 2 de la Luftwaffe, qui y avait installé son propre mobilier. Ces découvertes rappellent que "l'histoire du Sénat est douloureuse", a-t-il ajouté, mais que cela ne doit pas faire oublier que des agents du Sénat ont offert "des moments de patriotisme", notamment lors de la libération de Paris. 

Dans un courrier adressé mercredi au président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, le député LR de la Manche Philippe Gosselin a demandé "si les archives de l'Assemblée nationale possèdent de tels objets, datant de ces temps funestes", rappelant que le Palais Bourbon avait également hébergé la Luftwaffe ainsi que le service de la "question juive". 

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