Gérard Larcher, invité de metronews-Les Indés-LCI : "Je fais plutôt confiance à Sarkozy"

Gérard Larcher, invité de metronews-Les Indés-LCI : "Je fais plutôt confiance à Sarkozy"

INTERVIEW - Les djihadistes français, le passage au septennat et l'abrogation ou non de la loi Taubira... Gérard Larcher, le président (UMP) du Sénat, a évoqué tous ces sujets, jeudi 20 novembre, au micro de metronews-Les Indés-LCI.

Comment faire pour lutter contre l'endoctrinement de jeunes Français qui partent faire le dijad ?
Cet endoctrinement s'inscrit comme une dérive sectaire de jeunes qui sont issus de milieux très différents, qui ont des histoires très différentes et en perte de repères. Des jeunes à la recherche d'une forme de spiritualité, qui voient là une manière de s'engager sans en mesurer les conséquences. L'enseignement du fait religieux à l'école permettrait peut-être de mieux connaître et reconnaître les religions ou l'absence de religion. Cela permettrait, plutôt que de céder aux peurs de l'autre, de mieux le comprendre. Le vide de la réflexion collective sur ce sujet mérite qu'on y prenne un peu de temps.

Que faire au retour de ces jeunes ?
Avant le retour, il y a un dispositif pour empêcher le départ. Cela suppose un suivi international, notamment avec la Turquie qui est un point d'entrée. Quand ils reviennent, ils doivent faire l'objet d'une surveillance particulière. Le plus important est de sensibiliser les jeunes à ce que signifie Daech, c'est-à-dire l'horreur, la négation absolue de toutes les valeurs humaines et humanistes que la France.

Doivent-ils êtres détenus dans des prisons dédiées ?
Les prisons dédiées, c'est pour gérer l'immédiateté. C'est indispensable dans le court terme, mais la solution de moyen et long terme, c'est l'éducation, la sensibilisation et des moyens de surveillance du territoire, dans Schengen et pour les pays dont on sait qu'ils sont les portes d'entrée de ces combattants.

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Le Conseil constitutionnel a validé une loi qui permet de destituer le chef de l'Etat. Dans quel cas doit-elle être appliquée ?
C'est une procédure qui a vocation à être très exceptionnelle. Dans l'hypothèse où un président a failli à toutes les références que doit incarner un chef de l'Etat en terme de responsabilités. C'est une procédure qui ne doit jouer que dans l'intérêt supérieur du pays. C'est ma vision gaulliste.

Que souhaite modifier le Sénat au budget présenté par le gouvernement ?
Avant tout : améliorer le solde budgétaire. Ensuite, il faut assurer la réalité des crédits pour la défense. Nous avons adopté une loi de programmation militaire, il manque la certitude d'avoir les plus de 31 milliards dont les forces armées ont besoin. Sur cet aspect du budget, je serai intraitable. On ne peut pas envoyer nos soldats porter nos valeurs, défendre la France sans leur donner les moyens. Il n'est pas question de ne pas respecter la loi de programmation militaire, car c'est une loi. Le président du Sénat a le devoir de rappeler au gouvernement et au président de la République la nécessité de respecter la loi.

Pensez-vous que François Hollande aura les moyens de terminer son mandat ou qu'il pourrait être contraint à dissoudre l'Assemblée ?
Nos institutions permettent de traverser les crises politiques. Et c'est l'un des grands acquis de la Ve République. Il faut d'ailleurs faire très attention aux institutions avant de les bouger. J'ai d'ailleurs regretté personnellement d'avoir voté la réforme du quinquennat. Nous avons fait de l'Assemblée nationale la réplique sismique de l'élection présidentielle. Nous n'avons pas de soupape ou c'est la dissolution. Si le président de la République constate un jour qu'il n'a plus de majorité, il n'aura pas d'autre choix que de dissoudre et ça sera de sa responsabilité. Je pense que le quinquennat se poursuivra, après peut-être un passage difficile aux élections départementales du printemps.

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Vous regrettez d'avoir voté le quinquennat, au point de souhaiter le retour du septennat ?
Ça n'est pas la priorité aujourd'hui. Elle est de respecter les équilibres budgétaires, de réinventer un modèle social et de redonner un peu d'espérance au travers de la croissance et un retour de meilleure fortune de l'emploi.

Faut-il abroger la loi Taubira sur le mariage pour tous, comme le souhaite Nicolas Sarkozy ?
J'ai voté contre la loi. En même temps, l'abrogation, qui n'est pas impossible constitutionnellement, ne m'apparaît pas souhaitable. Mais il faut la réécrire, car nous sommes pas allés jusqu'au bout sur ce texte, notamment sur la gestation pour autrui, la procréation médicalement assistée et l'adoption.

Diriez-vous dans l'affaire Jouyet, que François Fillon a été victime d'une machination ?
Je dis qu'il faut toujours apporter la preuve de ses allégations. Le seul dont je constate qu'il a dit tout et son contraire, c'est monsieur Jouyet. Je connais François Fillon, et personnellement, je lui fais confiance.

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François Fillon peut-il être handicapé pour les primaires UMP à l'élection présidentielle de 2017 ?
Vous savez, 2017, ça n'est pas demain… François a une qualité majeure : c'est le seul à avoir travaillé vraiment sur le projet d'alternance et il le fait avec courage.

François Fillon a menacé de quitter l'UMP si la Haute Autorité indépendante chargée d'organiser les primaires devait disparaître, vous l'approuvez ?
Cela fait partie du pacte autour duquel nous avons sauvé l'UMP en décembre 2012. Et j'ai fait partie des co-signataires de ce pacte et j'ai pour habitude de respecter ma parole. Et j'attends que la parole donnée soit respectée par les autres.

Cela peut-être l'occasion d'un casus belli ?
Pas un casus belli, ça peut être un casus départ. Il faut rassembler et je fais plutôt confiance à Nicolas Sarkozy. Mais le rassemblement doit être effectif, il doit être attentif à Alain Juppé, Xavier Bertrand, à Bruno Le Maire et à chacune et chacun d'entre nous. Si ce pacte n'est pas respecté, ça serait une rupture de confiance.

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