Gérard Longuet considère que les sénateurs "sont mal payés"

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AFFAIRES - Interrogé par Public Sénat dans le cadre de "l'affaire des sénateurs UMP", l'ancien ministre de la Défense a assuré que l'enveloppe allouée aux parlementaires était insuffisante.

"Il y a un besoin de vérité sur le fonctionnement de l'UMP", appuyait Gérard Longuet, dimanche au micro d'iTélé, en allusion au dossier Bygmalion. Qu'en est-il de l'épineuse affaire des sénateurs UMP ? Le Parisien a en effet révélé le 20 mai que deux associations – dont l’Union républicaine du Sénat (URS) - auraient perçu des fonds de la part du groupe UMP, avant de les rétrocéder à ses membres. Interrogé mercredi par Public Sénat suite aux dernières révélations du Canard Enchaîné, l'ancien ministre de la Défense confirme avoir reçu "un chèque" en 14 ans. Logique selon lui, pour une fonction "mal payée".

"Je fais 50.000 à 60.000 km par an dans mon département. Il y a les frais d’essence. Si vous entretenez une permanence, il y a le loyer, le chauffage. Tout ça prend la quasi-totalité de l’IRFM (ndlr : l'Indemnité représentative de frais de mandat). C’est sans parler de la double résidence quand on a des responsabilités à Paris. Et ce n’est pas gratuit", a martelé le sénateur. L'IRFM est pourtant avantageuse : d'un montant de 72.446 euros par an, chaque sénateur peut en disposer. Mais surtout, cette somme – qui n'est pas imposable – s'ajoute en complément de leurs indemnités mensuelles. Leur montant : 7.100 euros brut. Insuffisant, donc, selon l'ex-ministre de la Défense, qui est revenu sur le circuit de redistribution sur lequel les juges planchent.

400.000 euros versés en trois ans

"En 14 ans de Sénat, j’ai dû recevoir un chèque de l’URS une année (…) ll n’y avait pas de motivation. Un jour, j’ai reçu un chèque. Quand on est membre de l’UMP au titre de l’URS, on reçoit un chèque." La somme ? Entre 3000 et 4000 euros.

La justice enquête sur un peu plus de 400.000 euros versés entre 2009 et 2012 par le groupe UMP à l'URS. Une partie de cette somme a par la suite été débitée au profit de plusieurs sénateurs. Des versements dont le montant n'a pas été précisé à une autre association, le Cercle de réflexion et d'études sur les problèmes internationaux (Crespi), et dont le groupe UMP est le principal contributeur, sont également dans le collimateur des enquêteurs. Ces derniers ne sont pas au bout de leur peine : selon Le Canard enchaîné, les responsables de la trésorerie du groupe UMP auraient donné l'ordre de détruire la comptabilité des deux associations.

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