Agnès Buzyn mise en examen : que reproche-t-on à l'ancienne ministre ?

Covid-19 : Agnès Buzyn mise en examen

CRISE SANITAIRE - Agnès Buzyn a été mise en examen par la Cour de justice de la République dans le cadre d'une enquête sur la gestion de la crise du Covid-19 par le gouvernement. Seize plaintes ont été jugées recevables à l'encontre de l'ancienne ministre de la Santé.

Elle n'a officié à la tête du ministère de la Santé qu'au tout début de la crise sanitaire du Covid-19, en janvier et février 2020. Son action est pourtant au cœur d'une enquête qui a conduit Agnès Buzyn à être mise en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui" ce vendredi 10 septembre. Une mise en examen annoncée après neuf heures d'audition devant les magistrats de la Cour de justice de la République (CJR), sur la base de 16 plaintes déclarées recevables à son encontre. 

Alors que près de 16.000 plaintes ont été déposées depuis le début de la pandémie en France auprès de la CJR - et plus de 18.000 au parquet de Paris -, Agnès Buzyn fait partie des premiers membres ou ex-membres du gouvernement à avoir fait l'objet de ces démarches devant la Cour de justice de la République, aux côtés de l'ancien Premier Edouard Philippe, du directeur général de la Santé Jérôme Salomon ou encore du ministre de la Santé Olivier Véran. 

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Les déclarations de l'ex-ministre en question

Début 2020, la ministre de la Santé avait été mise en cause pour son rôle et son action lors du déclenchement de l'épidémie avant et après son irruption sur le territoire français. 

Agnès Buzyn, partie en campagne pour les municipales, avait été critiquée pour ses propos qu'elle avait tenu dans les dernières semaines à la tête de son ministère. Elle avait notamment déclaré, le 24 janvier 2020, que "les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles", précisant toutefois que la situation pouvait "évoluer". "Le risque d'introduction en France est faible, mais ne peut pas être exclu, d'autant qu'il y a des lignes aériennes directes" avec Wuhan, avait aussi estimé l'ancienne ministre quelques jours plus tôt, le 21 janvier 2020

Aux mêmes dates - le 22 janvier 2020 -, le comité d'urgence de l'OMS exprimait encore "des vues divergentes" en son sein sur la question de savoir si l'événement constituait "une urgence de santé publique de portée internationale" (USPPI), compte tenu des informations transmises à l'époque par la Chine concernant la flambée épidémique. Il estimait toutefois que l'on pouvait "s'attendre dans n'importe quel pays à l'apparition de nouveaux cas exportés par la Chine". L'OMS avait finalement décrété l'urgence le 30 janvier. 

Les propos polémiques au Monde

Quelques jours plus tard, Agnès Buzyn quittait son ministère pour conduire la campagne des municipales à Paris, en remplacement de Benjamin Griveaux. Des propos, rapportés en mars 2020 par Le Monde, au lendemain du premier tour, ont semé le trouble. L'ancienne ministre y qualifiait le maintien des élections de "mascarade", compte tenu du contexte sanitaire mondial. 

"J'ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir. Je rongeais mon frein", expliquait-elle alors. "Depuis le début, je ne pensais qu'à une seule chose : au coronavirus. On aurait dû tout arrêter, c'était une mascarade." "Je pense que j'ai vu la première ce qui se passait en Chine", avait-elle aussi déclaré. "Le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J'en ai informé le directeur général de la santé." 

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Si elle avait regretté par la suite la reprise de ces propos "recueillis en pleine crise", assurant avoir été entendue par le gouvernement, des médecins avaient déposé dès le 20 mars une plainte sur cette base auprès de la CJR. 

Entendue en juin 2020 par la commission d'enquête parlementaire, Agnès Buzyn avait assuré que "l'anticipation" en France avait été "sans commune mesure avec les autres pays européens", expliquant avoir dès le 23 janvier "demandé à tous les hôpitaux de faire remonter les informations, des scénarios de virulence", en se projetant  "toujours dans le risque le plus grave". "Je n'ai à aucun moment sous-estimé le risque", affirmait-elle alors devant les parlementaires. 

L'enquête a été ouverte, sur le front judiciaire, le 3 juillet 2020, à l'encontre d'Agnès Buzyn, Edouard Philippe et Olivier Véran. Des perquisitions ont été menées en octobre 2020 à leur domicile, ainsi que chez l'ancienne porte-parole du gouvernement Sibeth NDiaye et Jérôme Salomon. 

Sur les quelque 16000 plaintes déposées à la CJR depuis le début de la pandémie, seules 200 d'entre elles avaient été déposées avant le mois d'août dernier. Un outil de dépôt de plainte en ligne a été mis en service depuis lors, favorisant des démarches. 

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