Feu nourri dans l'opposition après les propos d'Emmanuel Macron sur les "66 millions de procureurs"

Feu nourri dans l'opposition après les propos d'Emmanuel Macron sur les "66 millions de procureurs"

PETITE PHRASE - Emmanuel Macron a été la cible de l'opposition, qui dénonce son "mépris", après ses propos tenus la veille pour dénoncer les critiques systématiques de sa gestion du Covid-19. Le chef de l'État a déploré que le pays compte "66 millions de procureurs".

Cela faisait longtemps qu'une petite phrase d'Emmanuel Macron n'avait suscité un tel vent de réactions. Les mots prononcés par le chef de l'État jeudi, lors d'une visite sur le campus de Saclay, ont manifestement fait mouche. Agacé par les critiques systématiques à l'encontre du gouvernement dans sa gestion du Covid-19, et notamment sa campagne de vaccination, Emmanuel Macron avait déploré "la défiance française", cette espèce de "traque incessante de l'erreur"

"Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs", avait dénoncé le président de la République, estimant que "ce n'est pas comme ça qu'on fait face aux crises et qu'on avance", et revendiquant le droit à l'erreur comme une étape nécessaire pour "s'améliorer"

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"On récolte ce que l'on sème"

La formule du chef de l'État a manifestement contribué à réveiller précisément les critiques qu'il déplorait, suscitant des réactions en chaîne dans l'opposition. "Ça faisait longtemps ! Après 'ceux qui ne sont rien' et les 'gaulois réfractaires', voici les '66 millions de procureurs' ! Macron, pour qui il manquait 'un roi à la France', a vraiment un grave problème avec la démocratie. En 2022, dehors le monarque !", a réagi le député LFI Adrien Quatennens. 

"Couvre-feu à 18 h, pas plus de six à table, journée réduite à boulot-écran-dodo... Depuis un an, docilement, les Français obéissent", a ironisé pour sa part son collègue Insoumis François Ruffin. "Mais ces 66 millions de citoyens se permettent encore d'avoir un avis sur leur vie ! Sur le pays ! On comprend la colère de Jupiter !"

Les propos d'Emmanuel Macron ont également déclenché les tirs croisés chez Les Républicains. Le député LR Eric Ciotti a jugé que le Président avait "un problème avec le peuple". "On récolte ce que l'on sème", a tancé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau, tandis que son homologue de l'Assemblée, Damien Abad, répondait que "les Français ne sont pas des procureurs mais des citoyens qui s'interrogent sur la lenteur de la vaccination". "Emmanuel Macron ne peut pas s’empêcher d’exprimer le mépris qu’il a pour les Français", a également fustigé le maire LR de Chalons-sur-Saône, Gilles Platret. 

"Virus ou pas, il y a au moins une chose qui ne change pas, c’est la propension d’Emmanuel #Macron à vilipender les Français à tout bout de champ", a également tweeté la présidente du RN Marine Le Pen, tandis que l'écologiste Yannick Jadot observait qu'un président "qui engueule les Français, ce n'est pas à la hauteur de sa responsabilité"

Emmanuel Macron "a raison, on ne lui donne pas de leçon de morale", a expliqué pour sa part le maire de Béziers Robert Ménard sur LCI. "Mais qu’est-ce qu’il est pontifiant, méprisant. Arrêtez de nous parler sur ce ton là !"

Pour la défense du chef de l'État, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a estimé, jeudi soir sur LCI, que la formule des "66 millions de procureurs" était "une image, une façon de dire, essayons de regarder les choses différemment en prenant comme principe l'admiration, le respect, la valorisation de l'autre". Pas sûr que le message soit perçu par tous de cette façon-là. 

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