Suppression de la taxe d'habitation : Le Maire souhaite finalement "aller au bout", l'Elysée temporise

Politique
DirectLCI
REVIREMENT BIS - Après avoir sous-entendu que les 20% des ménages les plus aisés ne bénéficieraient peut-être pas de la suppression de la taxe d'habitation, Bruno Le Maire fait marche arrière et tempère ses propos. Avant que l'Elysée ne réaffirme que la question serait bel et bien "sur la table" lors du grand débat national.

Changement d'avis sur la taxe d'habitation. Bruno Le Maire dit désormais vouloir aller "au bout de la suppression de la taxe d'habitation". Le ministre des Finances a insisté sur la volonté du gouvernement d'aller au bout de la mesure, prenant ses distances avec l'hypothèse d'un maintien de cet impôt pour les 20% de ménages les plus riches, comme il l'avait laissé entendre sur Europe 1 dimanche.

Des déclarations dans le cadre du débat National

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait promis de supprimer la taxe d'habitation pour 80% des ménages, puis fin 2017, le chef de l'Etat avait finalement annoncé l'extension de cette mesure à l'ensemble des Français d'ici 2021. Alors que la France est en pleine crise sociale, la taxe d'habitation fait son retour dans les débats sur la politique fiscal du gouvernement. Dimanche, sur le plateau du "Grand Rendez-vous" Europe 1-CNews-Les Echos, Bruno Le Maire a déclaré : "Il est essentiel" que cette suppression "soit aboutie (...) mais nous pouvons très bien demander aux Français 'est ce que vous estimez que pour les 20% les plus riches il est légitime ou non de supprimer la taxe d'habitation' ?".


Cette déclaration se plaçait dans le contexte du grand débat national. Le ministre assurait que Bercy pourrait revoir sa copie si une demande en ce sens venait à être formulée dans le cadre de la consultation citoyenne. "Si nous répondons non à chaque demande des Français, que nous ne sommes pas capables d'écouter la demande de justice, nous ne réussirons pas le grand débat, qui doit s'ouvrir dans les prochaines semaines", avait-t-il ajouté. Lundi, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux affirmait également que le sujet était "sur la table". 

"Il faut aller au bout"... Mais le débat est ouvert

Mais depuis, le ministre ne semble plus vouloir céder aux demandes des Gilets jaunes. Présent à un colloque sur l'économie verte ce mardi 8 janvier, Bruno Le Maire a dit vouloir en profiter pour "clarifier la situation" sur ses propos du dimanche, qui ont "visiblement été mal compris".


"J'ai redit dimanche qu'il fallait aller au bout de la suppression de la taxe d'habitation. Aller au bout de la suppression de la taxe d'habitation cela veut dire aller au bout de la suppression de la taxe d'habitation", a-t-il insisté. Avant de rajouter dans la foulée : "Cela n’interdit pas que ce sujet fasse partie du débat sur la fiscalité. Que vaudrait un débat sur la fiscalité et les dépenses publiques dont nous fermerions toutes les portes dès les départ et dont nous aurions décidé à l’avance l’issue. (...) Cela doit être un débat ouvert." 


En fin de journée, l'Elysée a annoncé que la question serait bien au menu des discussions dans le cadre du grand débat national. "Si les Français nous disent qu'ils n'en veulent pas, nous sommes prêts à étudier le sujet", a précisé la présidence.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter