VIDEO - Gilets jaunes : le préfet de police de Paris Michel Delpuech limogé, l'opposition dénonce un "fusible"

Politique
LIMOGÉ - Le préfet de police Michel Delpuech paye les dégradations et saccages intervenus lors de la dernière manifestation de Gilets jaunes, samedi 16 mars, à Paris. "Il y a des choses qui lui ont échappé", a estimé Christophe Castaner. Michel Delpuech sera remplacé mercredi par le préfet de la Nouvelle-Aquitaine.

Michel Delpuech n'est plus préfet de police de Paris. Le patron de la police parisienne, sur la sellette depuis cet été et ses interventions peu appréciées au sommet de l'Etat dans le cadre de l'affaire Benalla, n'a pas survécu au 18e samedi de manifestations de Gilets jaunes, émaillées de violences comme jamais depuis les manifestations de décembre.

C'est un Edouard Philippe particulièrement remonté qui s'est chargé de prononcer la sentence, lundi 18 mars, sans même nommer le "fusible", ainsi que l'ont renommé les différentes oppositions, des Républicains à la France insoumise : "Mercredi en conseil des ministres, le président de la République nommera préfet de police monsieur Didier Lallement, ancien secrétaire général du ministère de l'Intérieur et actuel préfet de la Nouvelle-Aquitaine."


Ce préfet à poigne, ce sera donc Didier Lallement, qui avait notamment eu à gérer les violences en marge des rassemblements des Gilets jaunes à Bordeaux, avait notamment accédé à une certaine notoriété, samedi 2 mars, lorsqu'il avait vertement réagi aux accusations du député France insoumise Loïc Prudhomme, après que ce dernier s'était plaint d'avoir reçu un coup de matraque, en marge de l'acte 16 à Bordeaux. Une nomination que n'a pas manqué de relever Jean-Luc Mélenchon : "Dorénavant, à Paris comme à Bordeaux, le matraquage de député est permis. En plus du droit à perquisition, cela va de soi".

"Travail de sape"

Entouré de la garde des Sceaux Nicole Belloubet et du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, le Premier ministre a dressé le bilan des opérations du samedi 18 mars, chargeant au passage le préfet de police. "Après les événements du 1er décembre, le gouvernement avait mis au point une nouvelle stratégie de maintien de l'ordre pour s'adapter à [...] la radicalisation des manifestations [qui] a permis d'obtenir des résultats dès le 8 décembre et les semaines qui ont suivi".


"L'analyse en profondeur des événements montre que cette stratégie n'a pas été correctement exécutée et que la conduite des opérations a connu des dysfonctionnements dans certains quartiers." Outre l'organisation physique des forces de l'ordre, c'est probablement le jugement d'Edouard Philippe sur le matériel des forces de l'ordre qui fera le plus parler. Alors que les lanceurs de balles de défense alimentent les polémiques autour des violences policières (plus de 13.000 projectiles tirés depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, ndlr), il a ainsi regretté que "les polémiques" sur le LBD aient conduit "à ce que des consignes inappropriées soient passées pour réduire leur usage".

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Gilets jaunes : Philippe incrimine les consignes demandant de réduire l'usage du LBD

Sur LCI, Christophe Castaner a justifié le départ de Michel Delpuech. "Il y a des choses qui ont échappé à Michel Delpuech. Il est déstabilisé par des décisions qui ont été prises, qui lui ont échappé. Ce n’est pas une logique de fusible. Il est nécessaire d'avoir un préfet à poigne." Le secrétaire d'Etat à l'Intérieur Laurent Nunez s'était ému ce lundi sur RTL du "travail de sape" sur la question, qui a conduit "les fonctionnaires de police et de gendarmerie à être dans une grande retenue", tandis que les syndicats de police avaient fustigé le changement de munitions, d'une moindre portée, ce samedi. 

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Castaner justifie le limogeage du préfet de police "destabilisé"

De fait, le patron de la police nationale avait, à la mi-janvier, communiqué en interne pour rappeler les règles d'utilisation des lanceurs de balles de défense, face à la hausse des mutilations constatées devant leur usage.  Une initiative qui fait suite à la dénonciation régulière de ces violences, initiée notamment par le journaliste David Dufresne, qui a fait plus de 500 signalements sur le sujet, tandis que le défenseur des Droits Jacques Toubon ou des professions médicales alertent régulièrement sur la dangerosité de cette arme lanceuse de balles en caoutchouc.

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