Gilets jaunes : pourquoi les militaires de l'opération Sentinelle sont-ils appelés en renfort pour l'"acte 19" ?

Politique
SECURITE - A l'issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a annoncé un renforcement de la mission Sentinelle pour protéger les bâtiments publics face aux manifestants.

Face aux casseurs, les soldats en renfort. Mercredi, à l'issue du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a annoncé que le gouvernement allait recourir aux effectifs du dispositif Sentinelle dans le cadre de "l'acte 19" des Gilets jaunes, d'ores et déjà prévu samedi prochain dans la capitale. L'opération Sentinelle a été déployée après les attentats de janvier 2015, et renforcée après le 13 novembre 2015.


Le gouvernement, qui souhaite "durcir la réponse" des forces de l'ordre après les violences et les scènes de pillage qui ont émaillé la journée de samedi dernier, n'entend toutefois pas confier aux militaires une mission de maintien de l'ordre. Selon Benjamin Griveaux, "la mobilisation renforcée" des soldats du dispositif Sentinelle aura pour objet de "sécuriser les points fixes et statiques conformément à leur mission". C'est-à-dire, principalement, protéger les bâtiments officiels, au moment où certains groupes sur Facebook appellent les manifestants à se rendre à l'Elysée. La décision annoncée par Emmanuel Macron durant le conseil des ministres doit permettre aux forces de l'ordre de "se concentrer sur les mouvements, sur le maintien et le rétablissement de l'ordre", explique Benjamin Griveaux. 

Cocktail de mesures

La mobilisation des militaires vient s'ajouter à une série de mesures annoncées mardi par l'exécutif, parmi lesquelles la possibilité d'interdire des manifestations en cas de présence d'"ultras", les contraventions alourdies en cas de participation à une manifestation interdite, la mise en place de brigades "anticasseurs" dédiées, l'usage de drones, l'utilisation d'un produit marquant codé pour tracer les casseurs et le filtrage des rassemblements en amont. 


La participation des effectifs de Sentinelle pour sécuriser les sites administratifs et institutionnels avait déjà été envisagée après la manifestation particulièrement violente du 1er décembre, après les propos du Gilet jaune Eric Drouet qui appelait notamment à "entrer dans l'Elysée". Finalement, le 8 décembre, la présence de l'armée s'était traduite par l'utilisation de plusieurs blindés de la gendarmerie mobile, capables de contenir un cortège et de lancer d'importantes quantités de gaz lacrymogène. 

La présence - très symbolique en France - de militaires dans le dispositif n'a pas tardé à faire réagir dans l'opposition. "Quelles que soient les circonstances, l'armée ne peut et ne doit assurer aucune tâche de police. Ce n'est pas son métier", a jugé le député LFI Jean-Luc Mélenchon sur Twitter, tandis que son collègue Eric Coquerel dénonçait "une escalade irresponsable". 

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Eric Ciotti juge "positif" que l'on mobilise la force Sentinelle

A l'inverse, le député LR Eric Ciotti a jugé "positif que l'on mobilise" des soldats de Sentinelle sur des missions statiques, "même si ce n'est pas leur mission première". Il s'est toutefois interrogé sur "les possibilités de réaction si des manifestants les approchent". "Ils ne sont pas formés ni équipés pour le maintien de l'ordre. Ils n'ont qu'une capacité, c'est de répliquer avec leurs armes", a fait valoir le député. 

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