Gilets jaunes : selon Emmanuel Macron, il n'y a pas eu de "violences irréparables" commises par les forces de l'ordre

Gilets jaunes : selon Emmanuel Macron, il n'y a pas eu de "violences irréparables" commises par les forces de l'ordre

MANIFESTATIONS - Lors de son interview accordée à France 2, lundi 26 août, le président de la République française a déclaré vouloir "éradiquer progressivement la grande violence" constatée lors des rassemblements des Gilets jaunes, assurant qu'il n'y avait pas eu de "violences irréparables" commises par les forces de l'ordre contre les Gilets jaunes.

Ce lundi soir, le président de la République Emmanuel Macron était l'invité de France 2, à l'issue du sommet du G7 qui s'est tenu ce week-end à Biarritz. Outre le déroulement de la réunion internationale et une question sur les retraites, l'entretien a aussi porté sur les violences survenues lors de plusieurs samedis de manifestation des Gilets jaunes. Confronté à des milliers de blessés, dont certains particulièrement graves chez les manifestants, il a ainsi indiqué vouloir "éradiquer progressivement la grande violence" constatée lors de ces rassemblements, tout en voulant "changer la manière d'assurer la sécurité" pour "réduire le nombre de blessés".

"Je souhaite qu'on ait une réflexion collective et un travail pour qu'on éradique progressivement la grande violence, c'est-à-dire qu'il faut qu'on  puisse, avec ceux qu'on appelle les 'blacks blocks' - qui souvent étaient la cause de tout ça, qui s'infiltrent et provoquent -, qu'on arrive à une solution durable" a ainsi déclaré Emmanuel Macron, regrettant "des scènes d'une violence extrême à l'égard des forces de l'ordre, des journalistes, des commerçants, de symboles de notre pays comme l'Arc de Triomphe."

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Macron salue le "travail remarquable" de la police

Le président français a également loué le "travail remarquable des forces de l'ordre", tout en concédant qu'il y avait pu avoir des "erreurs avec des gens qui n'étaient pas" violents. En revanche, alors que l'usage des lanceurs de balles de défense a mutilé des dizaines de manifestants, il estime que la police française n'a pas commis de "violences irréparables" au cours des manifestations des Gilets jaunes. "Il n'y a pas eu de mort à déplorer", a justifié Emmanuel Macron, écartant la mort de la Marseillaise Zineb Redouane, touchée par une grenade lacrymogène, renvoyant à l'enquête judiciaire.

Selon différents recensements, et alors que les Gilets jaunes ont organisé une "marche des mutilés" au début du mois de juin, 23 personnes ont été éborgnées depuis le début du mouvement le 17 novembre, cinq ont perdu la main, un a été amputé d'un testicule, un a perdu l'odorat et une "dizaine" de manifestants ont eu d'autres blessures graves (à la mâchoire, au pied...). Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur à la mi-mai, 2 448 blessés ont été recensés côté manifestants et 1 797 chez les forces de l'ordre.

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Sur Franceinfo, l'avocat membre du bureau national de la Ligue des droits de l'homme, Arié Alimi, a considéré les propos du chef de l'Etat comme "terribles" et "profondément dangereux". "Que penseriez-vous d'un homme qui, finalement, face aux familles de ces personnes qui sont mortes, qui ont été mutilées, qui ont perdu un œil, un membre, leur dirait qu'il n'y a pas eu finalement de violences irréparables ?" a déclaré Me Alimi, avant d'ajouter : "Je trouve ces mots terribles. Il a inversé le paradigme de la démocratie, de l'Etat de droit. Il considère que c'est d'abord l'ordre public avant les libertés."

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