Gilets jaunes : trois semaines de crise pour un revirement du gouvernement

Politique
VOLTE-FACE - Pendant des semaines depuis début novembre, le gouvernement et Emmanuel Macron ont affirmé qu’ils ne céderaient pas et que la hausse des taxes sur les carburants aurait bien lieu. Mais ça, c'était avant les annonces du Premier ministre ce mardi 4 décembre. Retour sur trois semaines de crise.

"Le carburant, ce n’est pas bibi !" Il y a un mois, le 6 novembre, au cœur de son "itinérance mémorielle" sur la Grande Guerre, Emmanuel Macron, interpellé à Verdun par un homme au sujet de la CSG et de la hausse du prix des carburants, y va de sa petite formule. Suivant une stratégie assumée de la pédagogie, bien avant le premier rassemblement des Gilets jaunes, le chef de l’État précise alors que les cours mondiaux du pétrole sont les principaux responsables de cette augmentation des prix à la pompe.

Malgré cette assurance affichée, l’exécutif, notamment Emmanuel Macron, très souvent apostrophé durant sa semaine de commémorations du 11-Novembre, sent le temps se couvrir pendant que la manifestation du 17 novembre se prépare. Le gouvernement tente alors de déminer le terrain avec l’annonce de l’augmentation du chèque-énergie et d’une super-prime à la conversion par Edouard Philippe. Désireux de montrer son intérêt pour la contestation qui monte, Emmanuel Macron affiche son "respect et (sa) considération" et ajoute "Moi, je veux comprendre" depuis le porte-avions Charles-de-Gaulle le 14 novembre, trois jours avant le premier grand rassemblement des Gilets jaunes.

Ne pas changer de capEmmanuel Macron, le 27 novembre

Le 17 novembre, 300 000 Français sortent dans les rues et investissent les ronds-points ou les carrefours habillées de Gilets jaunes. Mais le gouvernement reste droit dans ses bottes. "Nous allons faire ce sur quoi nous nous sommes engagés", annonce Edouard Philippe devant l’Assemblée nationale. Trois jours après le deuxième samedi de mobilisation des Gilets jaunes, Emmanuel Macron, tout en affirmant qu’il entend la grogne, ne varie pas non plus : "Ne pas changer d’avis, ne pas changer la vérité, ne pas changer de cap".

Pourtant, sur le terrain, les députés font face à la grogne qui se poursuit. Dans la majorité et dans l’entourage du chef de l’État, ils sont de plus en plus nombreux à plaider pour une mesure forte mais ce sont finalement les violences et les dégâts du troisième samedi d’action des Gilets jaunes, le 1er décembre, qui auront eu raison de la ligne du gouvernement. "Quand ça casse ou ça coince comme samedi, il ne faut pas s’entêter", indique rapidement Matignon après les événements qui ont notamment touché l’Arc de Triomphe. 

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Arc de Triomphe : au cœur des violences du samedi 1er décembre

Après des échanges tout le week-end et une réunion-clé qui se'est tenu lundi soir à l’Elysée, le Premier ministre rentre à Matignon vers 21 heures, visage fermé. La décision est prise, il annoncera un moratoire le lendemain. "On s’est peut-être laissé enfermer dans des outils fiscaux qui ne sont pas fondamentalement ce que portait notre projet", avance un conseiller du président… Désormais, l’Elysée estime avoir satisfait les Gilets jaunes et n’envisage pas de prise de parole du président pour le moment. Qu’en sera-t-il après le quatrième samedi de mobilisation ?

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