Gilles Le Gendre, le novice en politique devenu président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale

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PORTRAIT - A 60 ans, Gilles Le Gendre a été élu président du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale. Cet ancien journaliste, élu député pour la première fois en 2017, a obtenu la confiance de ses pairs pour succéder à Richard Ferrand.

C'est ce qu'on appelle une ascension express. Le député de Paris, issu de la société civile et encore étranger au monde politique il y a un an et demi, a réussi le tour de force de se faire élire par ses pairs président du groupe La République en marche (LaREM) à l’Assemblée nationale. Au deuxième tour du vote qui s’est tenu ce mardi 18 septembre, il a recueilli 157 voix contre 107 pour son adversaire Roland Lescure.

Proche de Richard Ferrand, Gilles Le Gendre a très vite pris de l’ampleur au sein du groupe majoritaire. Lorsque l’ancien chef de file devenu aujourd’hui président de l’Assemblée nationale était en déplacement, il lui est arrivé de le remplacer et d'animer les réunions hebdomadaires du groupe. Certains députés désignaient d'ailleurs Gilles Le Gendre, l'un des quatre vice-présidents du groupe LaREM, comme le "président bis" ou le "numéro 2". Ses collègues ont également souvent salué la facilité avec laquelle il exerçait sa fonction de porte-parole du groupe LaREM à l'Assemblée nationale et le travail accompli au sein de la commission des finances. 

Une reconversion en politique tardive

Pourtant, rien ne destinait cet ancien journaliste à entrer en politique. Gilles Le Gendre devient référent En marche des Ve et VIe arrondissements de Paris à l’automne 2016. Alors qu’il vit "un moment de grand calme professionnel", comme il l’explique au Journal du dimanche, il découvre les coulisses d’une campagne électorale. Il qualifie son année passée à "remplir sa voiture de tracts, les distribuer, coller les affiches, motiver les équipes, organiser les débats" de "délicieuse, exaltante, amusante comme tout". La suite est tout aussi étonnante : celui qui se définit lui-même comme "économiquement, plutôt de droite et libéral ; pour tout le reste, de gauche", réussit à battre Nathalie Kosciusko-Morizet dans une circonscription jugée imperdable pour la droite. Il est élu député de Paris avec plus de 54% des suffrages face à la cheffe de l'opposition parisienne. 


Pour le parlementaire aux allures de dandy, la politique était un rêve d'enfant. Après avoir obtenu son diplôme à l'Institut d'études politiques de Paris, il se dirige vers le journalisme par manque de courage, affirme-t-il. "De même que j’aurais aimé être un virtuose du violon sans y parvenir, j’ai rangé la politique et n’y ai plus repensé", a déclaré au JDD celui qui avait une affiche de Valéry Giscard d'Estaing au-dessus de son lit et placardait dans les rues de Neuilly-sur-Seine des affiches "Giscard à la barre". A la place, ce père de deux enfants a passé 21 ans dans le journalisme économique, a dirigé trois ans la communication de la Fnac et a dirigé pendant plus de dix ans son entreprise dans le secteur du conseil. L'heure de la revanche a sonné.

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