Glyphosate, nucléaire, Ceta... les difficiles dossiers du ministre Hulot

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COULEUVRE - En reportant au-delà de 2025 l'objectif d'une électricité à 50% d'origine nucléaire, Nicolas Hulot a mis en colère de nombre de militants écologistes, qui y ont vu une nouvelle reculade. Tour d'horizon sur ces engagements que le ministre a dû revoir depuis son arrivée au gouvernement.

Nicolas Hulot confiait à nos confrères du journal Le Monde fin octobre qu’il se donnait un an pour voir s’il était utile à la cause écologique en temps que membre du gouvernement. Questionnement légitime alors que, un peu plus de cinq mois après son arrivée au ministère de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot doit composer avec des vents contraires à ses convictions, même s'il a à son actif, par exemple, un plan pour faire disparaître le diesel d'ici 2040, et un bras de fer remporté face à son collègue de l'Agriculture Stéphane Travert sur les néonicotinoïdes.

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Mais ce mardi, le successeur de Ségolène Royal a annoncé qu'il doutait fortement de la capacité de la France à ramener la part du nucléaire dans la production d'électricité à 50% en 2025 comme prévu dans sa loi de transition énergétique, évoquant la nécessité de fixer une "date réaliste". Un crève-coeur au regard des positions anti-nucléaires revendiquées par l'ancien animateur d'Ushuaïa Nature, et un coup de frein au regard de la promesse électorale d'Emmanuel Macron. Retour sur ces dossiers où Nicolas Hulot a dû renoncer ou s’adapter depuis qu'il est ministre.

  • 1Le nucléaire

    Alors qu'il annonçait à nos confrères du Monde qu'il préparait un "Green Deal" pour l'année 2018, dans lequel les modalités pour réduire la part du nucléaire à 50% serait précisée, Nicolas Hulot a annoncé ce mardi que cet objectif ne pourrait être atteint en 2025 comme le prévoit la loi de transition énergétique.


    "Si l'on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50%, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques, a expliqué le ministre. Et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et probablement que si l'on voulait s'acharner sur cette date, il faudrait même rouvrir d'autres centrales thermiques". Une double peine que l'intéressé veut évacuer.

  • 2Le Ceta

    Pourtant farouchement opposé au Ceta lorsqu'il était président de sa fondation, Nicolas Hulot a dû observer impuissant la mise en application, même provisoire, de 90% des dispositions du traité. En interview, le ministre a confié qu'il était "toujours" très "inquiet", mais se réfugie derrière l'engagement fait par l'exécutif "d'évaluer" l'impact pendant cette période.


    Quoiqu'il en soit, le ministre a réussi à obtenir de la part du président la mise en place de garde-fous pour surveiller la mise en place du Ceta  avec notamment un "veto climatique". "La messe n'est pas dite, soyons vigilants", a encore affirmé le ministre sur RMC et BFMTV le 8 novembre, soulignant que le plan d'action présenté par le gouvernement fin octobre pour lever les inquiétudes environnement et sanitaires sur le Ceta était "conditionné" à la volonté de la Commission européenne de prendre certaines mesures.

  • 3Glyphosate

    D'abord très virulent contre le composant toxique du Round Up en jugeant en savoir "assez pour dire qu’il faut sortir du glyphosat", lors d'un entretien au JDD le 15 octobre, Nicolas Hulot a été contraint de faire légèrement marche arrière face aux coups de pression des agriculteurs conventionnels, qui craignent de ne pouvoir obtenir les mêmes rendements sans l'aide du pesticide.


    Totalement opposé au renouvellement pour 10 ans de la licence d'exploitation du glyphosate par la Commission européenne, Nicolas Hulot a dû proposer un compromis en proposant le renouvellement de trois de la licence pour se laisser le temps de trouver des alternatives... Sur ce point, il est en opposition avec la Commission européenne et son collègue au gouvernement, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, qui suggèrent cinq ans.  Interrogé sur BFM TV le 8 novembre, il a redit que la France voterait "contre" toute prolongation supérieure à trois ans.

  • 4Et bientôt Notre-Dames-des-Landes ?

    Même s'il n'a "jamais été convaincu par l'utilité du projet" de l'aéroport de Notre-Dame-des Landes, Nicolas Hulot a aussi affirmé qu'il laisserait les médiateurs rendre "de façon impartiale" une décision. 


    Le 30 octobre dernier, nos confrères de France Bleu ont révélé qu'un proche de Nicolas Hulot et membre de la médiation penchait vers le déplacement de l'aéroport de Nantes vers Notre-Dame-des-Landes... Se dirige-t-on vers un nouveau coup dur pour le ministre ? Réponse en décembre. 

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