Grâce de Jacqueline Sauvage : pourquoi Hollande a-t-il pris cette décision maintenant ?

LIBRE - Condamnée à dix ans d'emprisonnement pour le meurtre de son mari violent, Jacqueline Sauvage est sortie prison après quatre années de détention. Ce mercredi, François Hollande a en effet décidé de mettre fin à la peine de cette femme, qui a eu 69 ans hier. Une décision qui a été saluée par de Jean-Luc Mélenchon à Florian Philippot. L'entourage du président évoque le calendrier pour justifier cette décision : "Permettre à Jacqueline Sauvage de commencer 2017 libre."

Jacqueline Sauvage est libre. Ce mercredi François Hollande a décidé d’accorder "une remise gracieuse du reliquat de sa peine d'emprisonnement", qui "met fin immédiatement à sa détention". "Le président de la République a estimé que la place de Jacqueline Sauvage n'était plus aujourd'hui en prison, mais auprès de sa famille", explique l’Élysée.


Pourquoi avoir pris cette décision quelques jours après Noël ? Le gain pour le président ne sera pas électoral. Le chef de l'État n’étant en effet plus candidat à un second mandat. Il n'en reste pas moins que le François Hollande soigne sa popularité à quelques mois de sa sortie en prenant une décision très soutenue à gauche et même au delà des habituels clivages politique. De Benoît Hamon à Valérie Pécresse en passant par Florian Philippot, Jean-Christophe Lagarde ou Jean-Luc Mélenchon, la décision du président a été saluée par un panel inédit de l'échiquier politique. 

L’entourage du président justifie cette décision par le fait que "la grâce existe pour permettre au Président de prendre en compte des situations humaines exceptionnelles. Elle a connu des souffrances tout au long de sa vie, une longue détention. Encore dix mois se sont écoulés" depuis le refus de la cour d’appel de lui accorder une libération conditionnelle.


Le timing ne doit rien au hasard. Jacqueline Sauvage a eu 69 ans hier. "L’idée est symbolique aussi : il s’agit pour elle de commencer l’année 2017 libre", indique l’Élysée.

Les filles de Jacqueline Sauvage étaient inquiètes pour la vie de leur mère

Cela fait des semaines que les trois filles de Jacques Sauvage ainsi que son comité de soutien, présidé par la comédienne Éva Darlan, exhorté François Hollande de faire un geste. Dans une lettre récemment adressée au président, les trois filles de Jacqueline Sauvage se disaient "désespérées" de ne pas avoir leur mère près d'elles, "inquiètes pour son état de santé" et "craignant pour sa vie". Elles disaient aussi ne "plus" savoir "comment intervenir face à toutes ces interminables procédures qui n'aboutissent pas".


Le député PS des Yvelines et candidat à la primaire socialiste, Benoît Hamon, avait également demandé une grâce totale dans une lettre ouverte au président en date du 26 décembre. "Jacqueline Sauvage, victime de son compagnon mais aussi de l'aveuglement de notre société, ne peut rester derrière les barreaux", avait-il souligné.  Ce jeudi, il salue la décision de François Hollande.

D'autres élus,  à l'instar de l’eurodéputé Jean-Luc Mélenchon, de la députée LR Valérie Boyer ou encore l'ancienne ministre aux Droits des femmes Yvette Roudy s'étaient mobilisés en faveur de Jacqueline Sauvage. Ce soir, la classe politique fait part de sa satisfaction de la savoir enfin libre.

Devenue un symbole des victimes de violences conjugales, Jacqueline Sauvage avait obtenu le 31 janvier, après une forte mobilisation, une grâce partielle de François Hollande, notamment de la période de sûreté, lui permettant ainsi de présenter immédiatement une demande de libération conditionnelle.


Cette demande avait été rejetée en première instance, puis en appel. La cour d'appel de Paris avait notamment estimé que la réflexion de Jacqueline Sauvage demeurait "pauvre et limitée puisqu'elle pein(ait) encore" à accéder à un "authentique sentiment de culpabilité". 


En octobre 2014, comme en appel en décembre 2015, Jacqueline Sauvage avait été condamnée à dix ans de réclusion criminelle. Ses trois filles avaient témoigné à charge contre leur père, expliquant avoir été violées et battues, comme l'avait été leur mère.

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La libération de Jacqueline Sauvage

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