"Tolérance fiscale zéro", 80 km/h, climat, exigence démocratique... Les réponses de Philippe au bilan du Grand débat

Politique

GRAND DÉBAT - Lundi 8 avril, Edouard Philippe a livré un premier bilan à l'issue de trois mois de Grand débat national. Il tient à apporter, via cette consultation lancée en réaction à la crise des Gilets jaunes, des réponses effectives, dans un contexte où le "besoin de changement est radical".

Trois mois après le lancement du Grand débat national initié par l’exécutif, l’heure est à la restitution. Ce lundi, le Premier ministre s’est livré à l’exercice face à plusieurs centaines de maires, de représentants d’associations et de partenaires sociaux. 

Dans un discours de clôture du bilan de cette consultation nationale, il en a dégagé les principaux enseignements. Sous la verrière du Grand Palais à Paris, le chef du gouvernement a affiché d’emblée une volonté de prendre des décisions fortes, en réponse à la crise des Gilets jaunes qui secoue le pays depuis le 17 novembre 2018, et au Grand débat. 

Il affirme avoir entendu les exigences des quelques 1,9 million de participants de la consultation, et insiste désormais sur la nécessité de réactivité du gouvernement. "Nous sommes parvenus à une situation où hésiter serait une faute" a-t-il affirmé. "Le besoin de changement est si radical que tout conservatisme, toute frilosité serait à mes yeux impardonnable."

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Baisser les impôts "plus vite" face à l'exaspération fiscale"

Edouard Philippe confirme qu’une "tolérance fiscale zéro" ressort en priorité du grand débat national. Face à "l’exaspération fiscale", le message, estime-t-il, est clair et indique "la direction à prendre : nous devons baisser, et baisser plus vite, les impôts". Sans préciser lesquels ni quelles catégories de revenus seront prioritairement visées.

Instaurer une "démocratie plus représentative, plus transparente, plus efficace "

Autre exigence des Français retenue par Edouard Philippe : avoir une " démocratie plus représentative, plus transparente, plus efficace et une exemplarité encore renforcée". Une occasion pour le Premier ministre de rappeler que cette consultation nationale inédite a fait "honneur au débat démocratique", et de tacler les "violences" que certains se "complaisent à donner chaque samedi", lors des manifestations des Gilets jaunes. 

Le chef du gouvernement  assure vouloir "construire les outils d’une démocratie plus délibérative" et "participative", sans nommer les outils en question. Il balaie par ailleurs, sans le nommer,  le référendum d’initiative populaire (RIC) en avertissant sur un risque de "démocratie directe et médiatique permanente".

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Aménager les 80 km/h

Le Premier ministre défend une nouvelle fois l’instauration de la limitation de vitesse à 80 km/h, en vigueur depuis le 1er juillet 2018, et invoque la "bonne foi" qui l’a conduit à instaurer cette mesure. "Je voulais sauver des vies, on m’a accusé de vouloir remplir les caisses", regrette-t-il. 

Pour autant, il laisse la porte ouverte à un aménagement de cette mesure. "Je dois apprendre à composer avec l’incompréhension de nos concitoyens", même s’il assure que face à "l’hécatombe qui brise des vies", il "ne (se) résigne pas à abandonner cette ambition en matière de sécurité routière".

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"Changer de comportement" face à l'urgence climatique

Quant à l’écologie, Edouard Philippe assure que les Français, qui ont "une claire conscience de l’urgence climatique", sont prêts à "changer de comportement". Le Premier ministre précise qu’il est bien clair qu’ils ne veulent plus "que des taxes leur disent quoi faire. Message reçu cinq sur cinq".  

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"Rétablir l’équilibre entre les métropoles et les autres communes"

"Nous vivons dans un pays où, à certains endroits, on ne se parle plus, on ne se voit plus", a constaté Edouard Philippe, soulignant le sentiment d’abandon et d’isolement de certains Français. Pour répondre à ce "profond malaise", il propose tout d’abord de "rétablir l’équilibre entre les métropoles et les autres communes", et "réorienter les investissements vers les transports du quotidien", plutôt que de privilégier les grandes lignes. Pour éviter l’exclusion, le Premier ministre souligne l’importance que les services publics "redeviennent des services de contact, pas uniquement numériques". 

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