Grand débat : Emmanuel Macron pendant plus de huit heures face aux intellectuels

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Grand débat national : l'heure des annonces

FACE A FACE - Jusqu'à 2h du matin, Emmanuel Macron a défendu ses réformes et sa politique face à 64 intellectuels, dans le cadre du Grand débat. Le président s'est notamment exprimé sur les Gilets jaunes et les violences du dernier samedi de manifestation.

Record battu pour Emmanuel Macron. Le débat avec 64 intellectuels lundi 18 mars a duré plus de 8 heures (8h10 très exactement). Coorganisée avec France Culture, la soirée s’est achevée à 2h30 du matin. Pendant cet échange, le chef de l’Etat a écarté toute remise en cause de ses réformes, notamment sur l'ISF et le non-cumul des mandats. Il a aussi rejeté une hausse des droits de succession comme l'expérimentation d'un revenu universel de base.

"Sortir du grand débat par un grand débat sur la fiscalité du capital n'est pas la bonne réponse. Qu'on lance une réflexion internationale, j'y suis favorable, le faire en France serait un contre-signal", a par exemple expliqué le président. "On est rentré dans ce débat sur une taxe que payaient trop certains. Je ne crois pas qu'on s'en sorte en en faisant payer d'autres", a-t-il ajouté.

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A propos des Gilets jaunes, Emmanuel Macron a par ailleurs condamné la "tyrannie d’une irréductible minorité". Pour lui les Gilets jaunes sont la "translation dans le réel de ce qui se passe sur les réseaux sociaux", à savoir "le langage désinhibé et la très grande violence sous couvert d'anonymat". "Ce que je peux faire sur les réseaux sociaux, maintenant je le fais dans la rue, l'anonymat devient une cagoule, un casque, et je peux faire le pire dans un lieu qui n'est pas mien, détruire des commerces, qui n'appartiennent à personne et n'ont pas de réalité", a-t-il décrit, évoquant les violences de samedi à Paris.

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Répondant à l'écrivain Pascal Bruckner, qui réclamait un retour de l'ordre public, Emmanuel Macron a estimé que les violences du samedi étaient le fait d'"émeutes de casseurs, pas de manifestants" et rappelé que le gouvernement a décidé d'interdire de manifester sur les Champs-Elysées et dans plusieurs  centres-villes.

"Je ne souhaite pas qu'on change la loi de 1905"

Il a aussi répondu sur le creusement des inégalités, la réforme de la loi de 1905, la place de la recherche ou encore la transition écologique. 

Les inégalités et l'importance de l'héritage sont "un dysfonctionnement du capitalisme contemporain, mais si j'ouvre ce débat, je tue la politique que je mène" qui mise sur la capacité à investir, a-t-il tranché. Au passage, l'économiste Philippe Martinlui a signalé ne pouvoir évaluer l'effet de la suppression de l'ISF sans disposer des données individuelles des contribuables.

Sur la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat, il a réaffirmé qu'il ne souhaitait pas la modifier mais estimé qu'"on a un sujet avec l'islam" en particulier avec les organisations qui ont une "vision politique de l'islam" pouvant être incompatible avec les lois de la République. "On ne doit rien céder", notamment à l'école, mais "on doit pacifier cette relation", a-t-il ajouté.

Enfin, il a reconnu que sur son projet d'extension de la PMA, "certains débats ne se sont pas apaisés".

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Parmi ses invités figuraient le psychologue Boris Cyrulnik, les économistes Jean Pisani-Ferry, Yann Algan et Daniel Cohen, les sociologues Luc Boltanski et Michel Wieviorka, les philosophes Frédéric Worms et Monique Canto-Sperber, le climatologue Jean Jouzel ou encore le physicien Claude Cohen-Tannoudji.  Certains intellectuels de gauche ont décliné, comme l'économiste Frédéric Lordon. 

Ce rendez-vous marquait le 11e grand débat du chef de l'Etat, qui a sillonné la France depuis le 15 janvier pour rencontrer des maires, des citoyens ou des jeunes d'une dizaine de régions. 

   

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