Grand débat : Laurent Wauquiez et Emmanuel Macron en tête-à-tête (mais sans caméra) à Valence

Politique
GRAND DÉBAT - Pour la première fois, le patron de LR et le président de la République se donnent rendez-vous, jeudi 24 janvier, à l'occasion du troisième déplacement présidentiel dans le cadre du Grand débat national à Valence, dans la région Rhône-Alpes-Auvergne, que le premier cité dirige.

Jeudi 24 janvier dans la Drôme, Laurent Wauquiez fera partie des élus locaux qui participeront au déjeuner-débat organisé à 13h par la présidence de la République à la préfecture de Valence. Pour cette première entre les deux hommes, l'ex-député est invité comme président d'une collectivité, au même titre que "l'ensemble des présidents des associations des maires des douze départements de la région Rhône-Alpes-Auvergne", a indiqué la présidence dans un communiqué, mercredi 23 janvier.

Relative convergence sur les 80 km/h, les impôts et les retraités

Le président de la région et du principal parti d'opposition aura toutefois droit à un tête-à-tête avec le président, une heure avant le déjeuner, a pareillement indiqué l'Elysée. Un entretien dont seul le début sera filmé. Que se diront-ils ? A LCI, l'entourage de Laurent Wauquiez a indiqué que ce dernier n'entendait pas se contenter d'une visite de courtoisie républicaine, comme le veut la formule. "Il lui rappellera qu'il ne veut pas que soient mis sous le tapis les sujets qui ont abouti aux grandes tensions dans lequel le pays est tombé : la situation des retraités pour lesquels aucune garantie durable n'a été obtenue. Le poids des impôts qui pèse sur les classes moyennes. Les territoires qui ne veulent plus être méprisés comme ils l'ont été sur les 80 km/h." Des thèmes sur lesquels, d'ailleurs, Emmanuel Macron s'accorde relativement avec le patron du principal parti d'opposition à l'Assemblée nationale (il s'agit du deuxième plus gros contingent de députés, derrière La République en marche).


Les retraités touchant moins de 2000 euros par mois n'auront pas à s'acquitter du surcroît de CSG d'1,7 point, et ce dès le mois de juillet 2019, a annoncé le président dans son discours du 10 décembre. Il a également fait de la baisse des impôts son principal instrument pour améliorer le pouvoir d'achat des Français, et donc des classes moyennes. Enfin, sur la question de la considération des territoires, il écume depuis une semaine des localités rurales pour y débattre avec des maires.

Laurent Wauquiez dans le dur

Même l'exemple des 80 km/h sur les routes départementales a été balayé par Emmanuel Macron. A Grand Bourgtheroulde, le 15 janvier, il s'était ainsi montré ouvert à assouplir cette mesure profondément impopulaire, catalyseur partiel des Gilets jaunes, sur laquelle il avait d'ailleurs laissé le soin à Edouard Philippe de se positionner. "Est-ce qu'il faut tout arrêter ? Franchement, non. Est-ce qu'on peut faire quelque chose qui sont mieux accepté et plus intelligent ? Sans doute, oui." Et d'inviter les maires "à faire des propositions" sur ce dossier, par exemple en soumettant quelles routes ne verraient pas leur mortalité baisser avec cette nouvelle limitation de vitesse.

Pour l'ex-ministre, le rendez-vous avec celui qu'il n'a jamais épargné de ses critiques, arrive comme du pain bénit. Peinant, malgré ses efforts, à s'associer aux Gilets jaunes, il a lancé un débat national dans le cadre de son propre parti. Ce rendez-vous avec Emmanuel Macron saura-t-il le remettre en selle et faire oublier la médiocrité des sondages, qui mettent le parti à la 4e place aux élections européennes, avec 10% des voix ? En tout cas, il n'a pas laissé indifférente la classe politique. Marine Le Pen, dont Laurent Wauquiez tente de capter une partie de l'électorat au moyen d'un discours équivalent sur les plans sécuritaire et migratoire, a ainsi commenté ce tête-à-tête entre les deux hommes : "A part une complicité politique, on ne comprend pas bien le sens de cette rencontre".

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