Grand débat : le rallongement de la durée du travail, cette petite musique qui fait son chemin dans la majorité

Politique
PISTES - Dans le cadre de la restitution du Grand débat national, des voix au sein de la majorité évoquent la piste d'un rallongement de la durée du travail pour financer, notamment, la dépendance. De quoi parle-t-on ?

Il y a d'abord eu, fin mars, le rapport de l'Inspection générale des finances remis à Gérald Darmanin, affirmant qu'une partie des fonctionnaires travaillaient moins de 35 heures par semaine. D'abord évoquée dans le cadre du projet de réforme de la fonction publique, la question du temps de travail resurgit, cette fois pour l'ensemble de la population, dans le cadre de la restitution du Grand débat national, qui doit conduire Emmanuel Macron à faire une série d'annonces la semaine prochaine. 


Une ministre a d'ores et déjà mis les pieds dans le plat : Agnès Buzyn, partie prenante dans la réforme à venir des retraites. Après avoir suscité une polémique sur l'âge de départ à la retraite, la ministre de la Santé affirme qu'il ne sera pas possible de financer, à l'avenir, les pensions des retraités ainsi que la dépendance, sans un rallongement de la durée du travail. Elle l'a redit, notamment, jeudi sur LCI

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Angès Buzyn : "Il nous faudra travailler plus"

"Il faut dire la vérité aux gens", a estimé Agnès Buzyn. "Il va y avoir de moins en moins d'actifs. La proportion de ceux qui payent les retraites par rapport à ceux qui seront à la retraite va s'inverser. Il va nous falloir un jour travailler plus pour ce que nous allons devoir financer, notamment la dépendance." La ministre assure ne pas vouloir toucher à l'âge légal de départ à la retraite, mais elle évoque la possibilité d'inciter financièrement les seniors à travailler plus longtemps. 

En mars, le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, avait déjà apporté son soutien à sa collègue du gouvernement, affirmant lui aussi qu'il serait nécessaire de rallonger la durée du travail. 

Les 35 heures en question

Mais au sein de la majorité, le débat ne se cantonne pas à l'âge du départ à la retraite. L'objectif est de dégager des ressources supplémentaires pour la dépendance, sans créer un nouvel impôt. Un membre du gouvernement avançait la semaine dernière à une journaliste de LCI deux pistes pour rallonger la durée du travail : "la suppression" d'un jour chômé, à l'image de la "journée de solidarité" mise en place en 2004 pour financer l'autonomie des personnes âgées ou handicapées, ou bien un rallongement de la semaine de travail "de 35 à 38 heures", pour permettre de dégager des ressources supplémentaires. 


Des pistes de financement confirmées jeudi à LCI par un député de la majorité, qui évoquait un rallongement de la durée du travail "annuelle et hebdomadaire", avec un assouplissement possible des 35 heures. Dans sa contribution au Grand débat, le mouvement LaREM a de son côté défendu l'idée d'une journée de travail supplémentaire


Selon ce membre de la majorité, le débat sur la durée du travail aurait d'ailleurs été posé par Emmanuel Macron lui-même. Reste à savoir si le chef de l'Etat reprendra cette piste particulièrement sensible lors des annonces attendues à l'issue du Grand débat. Son gouvernement a d'ores et déjà travaillé à une forme d'assouplissement des 35 heures en réintroduisant en décembre la défiscalisation des heures supplémentaires. Mais durant sa campagne présidentielle, l'ancien candidat avait exclu de revenir sur la durée légale du temps de travail

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Grand débat national : l'heure des annonces

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