Grand débat national : et maintenant, que va-t-il se passer ?

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Grand débat national : l'heure des annonces

POST-DÉBAT - La fin des contributions en ligne dans le cadre du Grand débat national, le 18 mars, marque le début des restitutions des dizaines de milliers de propositions faites depuis le 15 janvier par les Français. Avec, à la clé, des décisions "concrètes" promises par Emmanuel Macron. Voici comment devraient se dérouler les prochaines semaines.

Deux mois de débat, 10.000 réunions, 1.4 million de contributions en ligne... Et un clap de fin prévu début avril. Le Grand débat national, réponse du gouvernement au mouvement des Gilets jaunes, amorce sa dernière ligne droite. Organisé autour de quatre thématiques (fiscalité et dépenses publiques, services publics, démocratie et citoyenneté, transition écologique), ce grand raout inédit est censé déboucher sur des propositions répondant à la crise provoquée en novembre dernier par le ras-le-bol fiscal d'une partie des Français. 

Les Français qui souhaitent contribuer sur la plateforme dédiée ou bien faire remonter des comptes-rendus de réunions locales ont jusqu'au 18 mars pour le faire. Jusqu'ici, près de 16.000 cahiers de doléances ont été déposés dans les mairies, et transmis à la Bibliothèque nationale de France (BNF), chargée de leur numérisation intégrale. 

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Analyse des contributions

L'analyse "exhaustive" des contributions en ligne a été confiée à l'institut OpinionWay, qui s'emploiera à "comptabiliser les occurrences de chaque réponse" et à "transformer ces résultats en pourcentage", sans pondération statistique. 

Pour faire face à la masse de données, l'institut compte s'appuyer sur une solution logicielle proposée par la société française Qwam. Cette dernière fournit un outil d'analyse des données textuelles qui promet, assure-t-elle, grâce au choix des algorithmes, de "traiter l'exhaustivité des verbatim" sous supervision humaine. 

Conférences thématiques

Entre-temps, des "conférences thématiques" sont organisées du 11 au 13 mars, en présence de syndicats, élus et associations, autour des quatre thèmes du Grand débat national, afin de permettre aux acteurs institutionnels de "tracer des perspectives de travail en commun", ont indiqué les organisateurs. 

A la conférence sur la transition écologique, organisée lundi par le ministère éponyme, et celle consacrée à la démocratie, le même jour au ministère de la Justice, succéderont les conférences consacrées à la fiscalité et à l'organisation de l'Etat et des services publics mercredi, aux ministère de l'Economie et de la Cohésion des territoires. "Les conclusions de ces travaux viendront enrichir les ressources mises à la disposition des citoyens tirés au sort pour participer aux conférences citoyennes régionales", ont précisé les organisateurs. 

Conférences régionales

Les 15 et 16 mars, puis les 22 et 23 mars, ces "conférences citoyennes régionales" seront conçues comme des "ateliers participatifs" d'une journée et demie et animées par 70 à 100 citoyens tirés au sort, "représentatifs de la diversité sociologique de chaque région". Elles auront pour mission, au-delà des délibérations, d'élaborer collectivement "des propositions argumentées" à l'adresse du gouvernement. 

Une conférence citoyenne dédiée aux jeunes de 18 à 25 ans est en outre prévue, sur le même modèle, à Aix-en-Provence, les 22 et 23 mars. 

L'heure des choix politiques

Viendra enfin l'épineuse question des choix politiques. Durant ses interventions en région, Emmanuel Macron a promis à plusieurs reprises d'apporter des réponses "concrètes" aux propositions faites par les Français depuis deux mois. 

Le Parlement devrait se saisir du Grand débat lors de séances organisées les 2 et 3 avril, puis avec des prises de parole de chaque groupe parlementaire, le 9 avril à l'Assemblée nationale, et le 10 avril au Sénat. Il s'agira de débats sans vote, prévus par l'article 50-1 de la Constitution. 

Pour l'heure, on ignore quelles seront les pistes retenues par le pouvoir. Sébastien Lecornu, ministre en charge de la coanimation du Grand débat, a donné ces derniers jours quelques indications sur le planning prévu. Le chef de l'Etat doit clore le débat en avril, et devrait "préciser" à l'occasion "sa vision en donnant les grands axes de réponse et le sens de la direction à suivre pour le gouvernement". "Nous pouvons muscler certains thèmes, accélérer ou corriger sur d'autres", a également indiqué Sébastien Lecornu. Si les quatre thème initiaux sont censés encadrer les décisions à prendre, le ministre n'a pas exclu "des surprises" - à savoir des décisions relatives à des thèmes qui n'étaient pas prévus initialement, comme la lutte contre la spéculation, les inégalités salariales ou encore l'accès aux soins. Dernière inconnue : l'organisation, ou non, d'un référendum à l'issue du Grand débat. Une décision qui reviendra, in fine, à Emmanuel Macron. 

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