Grand débat : Emmanuel Macron remet en question la sortie du glyphosate dans trois ans

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ENGAGEMENTS - Lors de ses échanges avec les habitants de Bourg-de-Péage (Drôme) jeudi soir, le chef de l'Etat a reconnu que la France ne pourrait pas sortir "à 100%" de l'usage du glyphosate d'ici trois ans, comme il s'y était engagé.

Une promesse présidentielle qui n'en est plus une. La sortie d'Emmanuel Macron sur le glyphosate - herbicide controversé en raison de ses effets sur la santé, classé cancérogène par l'OMS -, jeudi soir lors de ses échanges avec les habitants de Bourg-de-Péage (Drôme), n'aura pas échappé aux défenseurs de l'environnement.

Le chef de l'Etat a reconnu, lors de ce débat local auquel il s'était invité, que la France ne pourrait finalement pas organiser l'interdiction totale de ce produit dans les délais prévus. "Je sais qu'il y en a qui voudraient qu'on interdise tout du jour au lendemain", a indiqué Emmanuel Macron. Mais cela ne sera pas possible "à 100%", car "si je le fais, si je vous disais ça, c'est simple, je tue complètement certaines filières", a-t-il fait valoir devant les habitants de cette commune dont est originaire Didier Guillaume, son ministre de l'Agriculture, lequel avait déjà remis en cause dès octobre le calendrier prévu, évoquant un écart possible "de quelques mois". 

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Nicolas Hulot avait prévenu

C'est pourtant Emmanuel Macron lui-même qui avait promis une interdiction du glyphosate dans les trois ans, après de longues négociations sur le sujet avec la commission européenne. Cette interdiction avait été l'origine d'un bras-de-fer entre les anciens ministres de la Transition écologique et de l'Agriculture, Nicolas Hulot et Stéphane Travert. Le premier avait poussé l'exécutif à traduire dans la loi cette interdiction, convaincu que c'était l'unique moyen pour permettre l'interdiction effective de l'herbicide. Un scénario qui, pour la FNSEA, principe organisation agricole, était beaucoup trop brutal pour la profession. 

En mai 2018, la majorité avait repoussé des amendements tendant à inscrire cette interdiction dans la loi Agriculture et alimentation. Face à la bronca, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait assuré que l'engagement pris par Emmanuel Macron de sortir du glyphosate dans les trois ans était "clair" et qu'il serait respecté, quand bien même il ne figurait pas dans la loi. Il s'agissait pour le gouvernement de se donner du temps pour faire émerger des alternatives à l'herbicide controversé. 

Avec ce nouveau revirement, il faut croire que Nicolas Hulot avait vu juste. L'ancien ministre de la Transition écologique avait prévenu, le 18 mai dernier : "Si l'on ne se fixe pas ces points d'étapes, je sais très bien qu'il ne se passera rien". 

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