"Grand débat national" : finalement, l'immigration a été mise sous le tapis

Politique

POLITIQUE - Le Premier ministre, Edouard Philippe, a tranché : l'immigration ne sera pas un thème à part entière du grand débat local voulu et annoncé par Emmanuel Macron. Retour sur un nouveau rétropédalage au sein de la majorité.

Le Premier ministre l'a confirmé ce jeudi devant l'Assemblée nationale : le grand débat local ne comprendra que quatre thèmes : la transition écologique, la fiscalité, les services publics et le débat démocratique. L'immigration, un temps présentée comme le cinquième item, disparaît de la liste. Matignon l'a confirmé à LCI, et a précisé que cette problématique serait intégrée à celle sur le débat démocratique. Une décision qui ressemble à un rétropédalage, et qui semble aller à l'encontre des souhaits exprimés en début de semaine par le chef de l'Etat.

En effet, dans le compte-rendu du Conseil des ministres envoyé à son issue mercredi 12 décembre, la présidence de la République présentait bien l'immigration comme l'une des cinq questions que le gouvernement souhaitait poser aux participants du futur grand débat local. Il faut également réécouter l'allocution du président de la République lundi 10 décembre pour comprendre que le sujet lui tenait à cœur. "Je veux aussi que nous mettions d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde, que nous abordions la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter", avait déclaré Emmanuel Macron.

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Rétropédalage

Autre signe approuvant la thèse d'un revirement au sein de la majorité : des tracts préparés ce début de semaine par le parti présidentiel évoquaient un cinquième thème, à l'appellation très sarkozyste, consacré à "l'identité nationale". Ces documents, révélés par Europe 1, reprennent effectivement les cinq grands thèmes annoncés par le gouvernement. Une preuve que pour les instances du parti La République en marche, la logique était de suivre les "consignes" du président de la République, et que l'immigration avait bien toute sa place dans le débat. Dans la journée, la députée et porte-parole du groupe LaREM Aurore Bergé nous avait d'ailleurs affirmé que oui, l'immigration serait "une thématique à part entière".

Citons également le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, qui ce jeudi matin avait justifié cette décision en assurant qu'"on ne peut pas faire la politique de l'autruche", et qu'"avoir peur des débats n'a jamais permis de faire avancer les sujets". 

En supprimant l'immigration des cinq thèmes de débat, le gouvernement met fin à la polémique qui commençait à monter, de nombreuses associations de lutte contre le racisme, de syndicats et d'hommes et femmes politiques ayant déjà lourdement critiqué cette décision. Ou comment, dans un contexte déjà explosif, ne pas craquer une nouvelle allumette...

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