ISF, services publics, 80 km/h : les principaux échanges entre Macron et les maires

Politique

GRAND DEBAT - Pouvoir d'achat, justice fiscale, niveau des retraites, affaiblissement des services publics en milieu rural… Nombre de sujets ont été abordés ce mardi pour le lancement du grand débat national entre le président et 600 maires, à Bourgheteroulde. Retour sur les moments forts de cet échange inédit de près de 6 heures 30.

"Nous pouvons faire du moment que traverse la France une chance", a souhaité le chef de l’Etat devant les 600 maires réunis dans le gymnase de Grand Bourgheteroulde dans l’Eure, pour le lancement du grand débat national qu’il compte mener dans toute la France ces prochaines semaines, en réponse à la crise des Gilets jaunes. 

Pendant près de sept heures, Emmanuel Macron a répondu aux questions des élus, inquiets et eux-mêmes déterminés à témoigner face à lui des "fractures" françaises. Un échange qu’il voulait ouvrir aux maires pour qu’ils se fassent "entendre" en égrenant une longue liste de "doléances" de leurs administrés.

Les moments forts du débat

  • 1ISF : "Il ne faut pas raconter des craques"

    Le président  de la République a une fois de plus défendu sa réforme de la fiscalité devant les élus de l’Eure. Si le retour à l’ISF revient régulièrement dans les doléances, le chef de l’Etat est catégorique : "il ne faut pas raconter des craques : ce n’est pas parce qu’on remettra l’ISF comme il était il y a un an et demi que la situation d’un seul gilet jaune s’améliorera. Ça, c’est de la pipe". Il reconnaît cependant que ce sujet, qu’il considère par ailleurs comme "ni un tabou, ni un totem", "doit faire partie de ce débat". Il précise  que "si des mesures ne sont pas efficaces, elles seront corrigées", sans pour autant "renoncer à la réforme d'il y a un an."

  • 2Limitation à 80 km/h : retour en arrière

    Pour la première fois,  Emmanuel Macron a convenu que des changements étaient envisageables. Il suggère d’ouvrir un "dialogue plus territorial", appelant les maires à "faire des propositions" qui permettraient de "trouver quelque chose de plus pragmatique qui soit mieux accepté et qui aurait les mêmes résultats."

  • 3Le cri d’alarme d’une élue : "notre pays est au bord du gouffre"

    Dominique Chauvel, maire de Saint-Valéry-en-Caux, s’avoue "désabusée, lasse, déçue", en prenant la parole face au président qui a snobé le Congrès des maires de France. L'élue du Parti socialiste a souhaité à Emmanuel Macron de "réussir" sa grande consultation nationale, faisant part de sa profonde inquiétude sur une France "au bord du gouffre", menacée par "les fascismes des heures noires."

  • 4Petites phrases : "Je suis comme ça et je ne changerai pas"

    Alors qu’un peu plus tôt dans l’après-midi, hors caméra, le chef de l’Etat avait de nouveau prononcé une petite phrase très commentée devant des élus d’une autre ville normande, Emmanuel Macron s’est expliqué sur ses propos qui avaient fait polémique il y a plusieurs semaines au sujet des chômeurs. Il avait recommandé à un demandeur d’emploi de "traverser la rue" pour trouver du travail. S'il reconnaît des "caricatures en pensant ce qu’on dit à un moment à quelqu’un de bonne foi", il se justifie : "Que voulez-vous ? On est au temps du numérique, de l’information en continu … C’est tout. Je suis comme ça et je ne changerai pas."

  • 5Services publics : vers un rééquilibrage ?

    Pour Emmanuel Macron, l’accès aux services publics est un sujet central. Il promet un "Etat qui accompagne d’avantage" dans certaines zones rurales, comparant leur situation à celle de certains quartiers difficiles. "On a perdu et fermé ce que j’appelle souvent les fonctionnaires de guichet, qui accueillent les gens et qui sont à portée d’engueulade", at-il déploré, soulignant  leur nécessité, avant de reconnaître qu’ "on a peut être trop de fonctionnaires de circulaire et pas assez de fonctionnaires de guichet".

  • 6PMA : recadrage d’Ingrid Levavasseur

    La médiatique Gilet jaune est catégorique en s’adressant  au  président au sujet de la procréation médicalement asssistée (PMA), dont l’ouverture à toutes les femmes a été validée le jour même par la commission parlementaire et dont l'interdiction est portée par des groupes opposés aux droits des personnes LGBT+ dans le cadre du grand débat national . "Il est hors de question de remettre en cause le mariage pour tous, la PMA", a-t-elle affirmé. "Nous ne sommes pas des gens obtus qui cassons du flic. Nous sommes des êtres humains, allez-voir les gens !" a-t-elle lancé. 

  • 7Conclusion : "je n’ai fermé aucun sujet "

    Le débat, premier d’une dizaine du même type, s’est soldé par de longs applaudissements de la part des élus, visiblement impressionnés par la prestation du président. Prônant une "République de la délibération permanente", Emmanuel Macron a promis qu'il "tirera des solutions véritables de ce débat", dont il compte bien faire "l'acte 2" de son mandat.

    C’est donc au terme d’un véritable marathon, après une prise de parole record, que le chef de l’Etat conclut ainsi auprès de l’AFP : "J’ai donné mon avis, mais je n’ai fermé aucun sujet". 

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