Grand Jury : pour Elisabeth Borne, la piétonnisation des voies sur berge va "dans le sens de l'histoire"

LE GRAND JURY - Invitée du Grand Jury pour RTL, Le Figaro et LCI ce dimanche 4 mars, la ministre des Transports Elisabeth Borne est revenue sur la réforme de la SNCF et sur un sujet plus local mais tout aussi épidermique : la piétonnisation des voies sur berge, dont elle estime qu'elle relève "du sens de l'histoire".

"Agir en concertation". C'était le leitmotiv distillé à tous les étages par la ministre des Transports Elisabeth Borne. Invitée ce dimanche 4 mars du Grand Jury, pour RTL, Le Figaro et LCI, elle a scrupuleusement appliqué les éléments de langage du premier Ministre Edouard Philippe, justifiant ainsi son recours aux ordonnances pour passer la réforme de la SNCF. 

La piétonnisation des voies sur berge

La "concertation", une méthode qui s'est d'abord glissée dans un conseil à l'adresse de la maire de Paris, Anne Hidalgo. Car si Elisabeth Borne prend visiblement le parti de la maire de Paris quant à la piétonnisation des voies sur berge, dont elle estime qu'elle va "dans le sens de l'histoire", elle s'est aussi permis de demander à l'élue davantage de "pédagogie".


"Le sens de l'histoire c'est de réduire la place de la voiture dans les villes et c'est ce qu'on voit partout dans le monde et partout en France" a expliqué la ministre. "Le problème de pollution, c'est aussi un enjeu majeur de santé publique. On a 40.000 décès prématurés du fait de ces problèmes de pollution (l'étude Santé Publique France estimait en 2016 le chiffre de 48.000 décès prématurés chaque année en France, ndlr). (...) Remettre des voitures sur les voies sur berge, personne ne comprendrait autour de nous. Cela se fait partout, il faut le faire dans la concertation. Ensuite, ces transitions, je pense qu'il est important de les expliquer et de les accompagner. Manifestement, sa décision (celle d'Anne Hidalgo, ndlr) n'a pas été très bien comprise puisque des élus ont attaqué cette décision, donc je pense qu'il faut des explications, de la pédagogie et de l'accompagnement."

La limitation de vitesse à 80km/h

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Elisabeth Borne défend la limitation de vitesse à 80 km/h

Deuxième point sensible sur la question des transports dans l'actualité : la limitation des nationales et départementales à 80 km/h. Une question sur laquelle certains élus locaux demandent à avoir le dernier mot. La ministre indique que le gouvernement n'envisage pas d'accéder à cette requête, même si un bilan de la mesure sera effectué en 2020 : 


"Je voudrais rappeler pourquoi cette mesure a été annoncée par le premier Ministre : c'est pour sauver des vies, parce qu'on a eu, en 2017, 3500 morts sur les routes. Il y a aussi 72.000 blessés par an, des gens dont la vie est brisée (...). La ministre poursuit :  "L'expérience montre que sur la sécurité routière, ça a toujours été des mesures fortes qui ont permis de faire reculer la mortalité sur les routes. (...) Je rappelle que cette mesure s'applique uniquement sur les routes bidirectionnelles. Et on a prévu une évaluation en 2020 - pas dans dix ans, en 2020 - sur cette mesure, ce sera l'occasion d'en reparler avec les élus."

Une possible grève à la SNCF ?

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Elisabeth Borne : qu'est-il prévu en cas de grève ?

Les syndicats du ferrorivaire l'ont d'ores et déjà annoncé : à partir du 22 mars, ils entendent se faire entendre contre la réforme de la SNCF, qui comporte notamment une ouverture à la concurrence et à une modification du statut des cheminots. Le gouvernement a-t-il prévu un plan B en cas de grève ? 


Elisabeth Borne répond : "Evidemment, s'il devait y avoir une grève, on prendra toutes les dispositions. On est dans la concertation, je souhaite qu'elle aille au bout."

La réforme du statut des cheminots

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Elisabeth Borne sur la réforme du statut des cheminots

C'est le point qui cristallise les tensions entre gouvernement et syndicalistes : la modification du statut des futurs cheminots embauchés. Elisabeth Borne s'est montrée intangible sur cet aspect du rapport Spinetta, qui a guidé le projet de réforme de la SNCF. Et la ministre d'invoquer la prochaine ouverture à la concurrence de l'entreprise.


"On est en train d'ouvrir le secteur à la concurrence" a rappelé la ministre. "Et cela ne date pas d'aujourd'hui, ça a été décidé sous le précédent quinquennat. Donc maintenant, il faut s'y préparer. Demain, on aura d'autres entreprises ferroviaires qui seront présentes, qui feront rouler les trains en France, qui auront des salariés qui feront les mêmes métiers..."

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