"Grande confrontation Paris" : Anne Hidalgo débriefe le débat (et tacle Buzyn et Dati)

"Grande confrontation Paris" : Anne Hidalgo débriefe le débat (et tacle Buzyn et Dati)
Politique

RIPOSTE - Invitée ce jeudi matin sur France Info, Anne Hidalgo est longuement revenue sur cette émission spéciale "Grande confrontation Paris" diffusée ce mercredi soir sur LCI et lors de laquelle sept candidats à la mairie de Paris s’affrontaient. Et ne mâche pas ses mots.

Anne Hidalgo a refait le débat ce jeudi matin sur FranceInfo. Alors que la maire sortante, qui s'est emmêlée les pinceaux en répondant à la façon dont elle était venue, a évité les confrontations directes pour se consacrer à la défense de son bilan, elle est revenue sur les différents tacles de ses principaux concurrents, ayant ostensiblement fait le choix du leitmotiv "tout sauf Hidalgo".

"C’est le jeu du débat politique", relativise-t-elle sur FranceInfo. "Moi, je suis très fière du bilan que nous avons. Très fière que, depuis 2001, notre ville se soit engagée de façon résolue dans la transition écologique pour lutter contre la pollution, ce poison qui tue et rend malade beaucoup de parisiens. Je suis fière que nous ayons pu porter cette question de la mixité, du logement social, de la place des classes moyennes..."

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La maire sortante n'a toutefois pas digéré les critiques émises à l’égard de son travail sur l’écologie. Invité ce jeudi matin sur France Inter, Cédric Villani, qui est également revenu sur ce premier débat des candidats briguant la mairie de Paris, déplore ainsi les actions de l’actuelle édile, se proclamant "maire des écologistes" : "Il faut voir les actions qui en ont résulté. Sur plein de dossiers, chaque fois qu’il y avait la possibilité de faire des aménagements verts dans une ville qui étouffe de son manque d’espace vert, le coche a été loupé. Sur la ZAC Bercy-Charenton, le projet d’Anne Hidalgo, c’était des tours et des tours (…) les actes ont été à l’opposé de la doctrine (…) elle a enchaîné projet après projet sans tenir compte des citoyens (…) là où il y a un espace vert à valoriser, un plan pour bétoniser."

Ces griefs, Anne Hidalgo ne veut pas en entendre parler : "Ce qui s’est vu hier, ce sont deux grosses visions de Paris : une, la mienne, qui consiste à dire qu’il y a urgence et assume qu’il y a une urgence - de belles et grandes personnalités comme Cyril Dion et Nicolas Hulot le disent, ce dernier [NDLR, qui apporte son soutien à Anne Hidalgo dans Le Parisien] porte d’ailleurs cette idée que l’écologie n’est pas en contradiction avec le social. Et une autre, celle d’un possible retour en arrière. Nous sommes en 2020 avec des scientifiques qui nous expliquent toute la journée qu’il y a urgence et j’ai entendu hier que l’écologie était une punition dans la bouche de plusieurs candidats, notamment Madame Buzyn et Madame Dati. Alors que la vraie punition est justement de ne pas préparer le monde de demain pour nos enfants."

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Une "volonté d’inaction"

Autre reproche fait à Anne Hidalgo pendant le débat, sa méthode primant sur l’objectif, en tant que maire de Paris : "J’assume ma méthode qui consiste à appliquer mon programme. Bien sûr, il faut écouter les citoyens, il y a eu une conférence citoyenne dès 2015 sur la pollution de l'air dans Paris et nous sommes partis de toutes les recommandations des Parisiens (…) Mais moi, ma méthode n'a pas mis des milliers de personnes dans la rue", lance-t-elle, offensive. "Madame Buzyn, qui me donne des leçons de méthode, a été ministre de la Santé. Certes, elle a quitté son ministère au pire moment. Mais regardez la situation des hôpitaux. Je n’ai pas eu de manifestation, je n’ai pas eu de grève massive du service public parisien sur les décisions que j’aurais prises. Cette question de la méthode cache une volonté d’inaction. Ce sont ces mêmes personnes qui, lorsqu'elles vous parlent d’écologie, vous disent que c’est une punition. Nous n’avons pas la possibilité de ne pas garder ce cap."

Quant à sa grande rivale Rachida Dati, en tête selon un sondage LCI, Anne Hidalgo lui reproche ses "propos très outranciers", ses "amalgames entre immigration et terrorisme" et d’être "soutenue par toute la famille Le Pen"(ndlr, il ne s'agit en réalité que du patriarche, Jean-Marie Le Pen). "Son projet n’est pas compatible (avec la ville de Paris)", conclut-elle. 

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